vendredi 8 juin 2012

Ma réaction à mon exclusion du PS dans Causeur

David Desgouilles. Vous avez reçu une lettre vous signifiant que vous étiez exclu du Parti Socialiste après avoir accepté d’être suppléant du candidat MRC (chevènementiste) Arnaud Deborne alors que votre parti a investi une candidate. Normal, non ? 

Jean-Philippe Huelin. Oui, cela redevient normal au sens du respect des statuts mais rien ne l’a été depuis bien longtemps dans cette fédération. Je ne crie pas au scandale, je savais ce que je faisais mais je note simplement que le PS applique ses statuts à géométrie variable. 

DD. Nous avons déjà parlé dans ces colonnes de la personnalité du nouveau président du Conseil Général et de l’histoire incroyable du maintien des candidates socialistes, notamment dans la circonscription de Lons-le-Saunier qui nous occupe, candidatures qui ont toutes les chances d’être invalidées en cas d’élection. Mais généralement, les partis ne plaisantent pas avec les candidatures dissidentes. Le Jura ne déroge quand même pas à la règle ? 

 J-PH. Ma dissidence -qui n’est qu’une suppléance- aurait dû éveiller les esprits de mes camarades puisque je ne me serais pas présenté sans cette affaire qui va à l’encontre de la « République exemplaire » voulue par notre nouveau président. Le PS national fait l’autruche car au fond, il ne considère pas cette circonscription comme gagnable sinon il n’aurait pas donné son quitus à deux candidates invalidables (j’adjoins ici Sylvie Laroche dans la 3e circonscription qui encourt le même risque). Au-delà des statuts, il y a des principes et des valeurs mais beaucoup au PS, ici comme ailleurs, semblent ne plus s’en soucier. Que ce soit Christophe Borgel qui me signifie mon exclusion est pour moi le signe d’une défaillance profonde du PS. 

DD. Vous avez co-écrit des ouvrages avec Gaël Brustier sur le rapport de la gauche au peuple ou sur la droitisation des sociétés européennes. Vous avez aussi travaillé sur la notion de bouclier rural. Au-delà de votre mésaventure, pensez-vous que vos analyses ont été prises en compte par le PS, le Président Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ? 

J-PH. Les livres ont été lus par certains dirigeants du PS, pas par tous, loin de là. Le bouclier rural est pour l’instant le parent pauvre puisqu’il n’y a même pas un ministère délégué à la ruralité au gouvernement et que je compte peu sur Cécile Duflot pour faire reculer cette inégalité territoriale-là. Mais au-delà de mes propres productions, ce qui m’afflige dans ce PS c’est son incapacité à réfléchir collectivement. Quand mon ami Laurent Bouvet parle des deux corps du PS, force est de constater que le corps-élection a absorbé le corps-doctrine. Le PS est devenu localement une agence de placement pour aspirants élus qui n’ont jamais pris le temps de réfléchir à ce que pouvait être le socialisme. Quand on écrit, quand on lit, on se fait donner une leçon de discipline par des fripouilles ou de jeunes ambitieux qui n’ont pas le bac ! Plus le PS se social-libéralise idéologiquement, plus il se stalinise dans son organisation. Cette exclusion ne change rien pour moi. Dans la 1ère circonscription du Jura, la candidature d’Arnaud Deborne est la plus intéressante et la plus porteuse d’avenir pour le Jura et pour l’actuelle majorité présidentielle. Nationalement, je retrouve une liberté de critique qui me convient sans doute mieux. Le Président Hollande et son gouvernement ont davantage besoin de vigies scrupuleuses que de béni-oui-oui arrivistes.

mercredi 6 juin 2012

Mon exclusion du PS


Ma réaction:
Je constate que les instances dirigeantes du PS m’exclut et préfère conforter un ticket de candidats invalidables. C’est un choix que chaque électeur de la 1ère circonscription du Jura pourra discuter dans les urnes dimanche prochain. Si je ne suis plus membre du PS, je reste socialiste.
J’observe aussi que le candidat dissident PS et ses soutiens à la cantonale de Dole Nord-est l’année dernière n’ont pas connu le même sort. Bref, les statuts du PS sont à géométrie variable.
En même temps, l’un des deux signataires de ce courrier étant Christophe Borgel, il y a des personnes avec lesquels on préfère ne rien avoir en commun. Que le PS puisse avoir à cette place un personnage comme lui pose problème !
J’invite les électeurs de la 1ère circonscription du Jura à aller sur le site de campagne d’Arnaud Deborne, il y a des idées et des engagements (et pas les photos des mairies de la circonscription…).

vendredi 1 juin 2012

Législative 2012 : Pourquoi je suis le suppléant d’Arnaud Deborne

Je suis cette année professeur d’histoire-géographie au lycée Jean-Michel de Lons et au collège d’Orgelet après l’avoir été au lycée de Poligny. Marié, père de deux enfants, âgé de 33 ans, je suis le coauteur de deux livres politiques dont « Recherche le peuple désespérément » qui a inspiré la campagne de François Hollande en direction des couches populaires. J’ai aussi collaboré avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg.

Candidat PS à l’élection cantonale de Moirans-en-Montagne l’année dernière, je soutiens totalement la candidature d’Arnaud Deborne et j’ai donc accepté de devenir son suppléant pour deux raisons majeures.

D’abord, je connais Arnaud Deborne depuis dix ans. Alors qu’il menait ici la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement, j’en faisais de même à Belfort. En arrivant dans le Jura en 2006, j’ai lu avec intérêt son livre « Quand le Jura s’éveillera » et me suis étonné qu’il ne soit pas adopté par les responsables politiques locaux (mais l’avaient-ils lu ?) qui y auraient trouvé des solutions intelligentes et innovantes aux défis du développement jurassien. Arnaud est la seule personne du Jura à maîtriser aussi bien, et tout autant, le jeu politique et la maitrise technique des grands enjeux d’avenir. De plus, dans un contexte où la vie politique locale semble prisonnière de professionnels de la politique (vieux ou très jeunes d’ailleurs), il est bon qu’un homme qui n’a jamais vécu de la politique et qui a travaillé à son compte entre de plain-pied sur la scène politique jurassienne. C’est le souffle du renouveau ! 

Par ailleurs, Arnaud Deborne est le seul candidat de la « Majorité présidentielle » capable d’être élu puisque la candidate socialiste n’a pas respecté le code électoral en achetant des encarts publicitaires dans la presse. N’en déplaise à mes camarades du PS, la candidate que nous avions investie ne porte plus nos espoirs d’alternance puisqu’elle risque l’invalidation en cas de victoire. C’est un fait. Il faut faire avec et proposer à nos électeurs une autre candidature. Puisque le PS n’a pas su désigner un autre candidat, je me devais de montrer le chemin vers une candidature irréprochable et pleine d’avenir. 

Entre les lois de la République et la discipline d’un parti localement à la dérive, je choisis les lois de la République. J’invite les électeurs à nous suivre dans cette démarche républicaine. Le vote utile pour la « Majorité présidentielle » et pour l’avenir, c’est le vote Arnaud Deborne !