vendredi 1 avril 2011
"Voyage au bout de la droite" dans Le Monde
jeudi 31 mars 2011
Brustier répond à Joffrin dans le Nouvel Obs
Mis en cause, avec d'autres, à l'occasion de son passage à l'émission "Ce soir ou jamais", Gaël Brustier répond dans ses colonnes au directeur de la publication du Nouvel Observateur, ex animateur de la fameuse émission "Vive la crise !"
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Voyage au bout de la droite
"Voyage au bout de la droite" à la Réunion
mardi 29 mars 2011
Après la cantonale de Moirans...
Libellés :
Cantonales Moirans 2011,
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lundi 28 mars 2011
Cantonale : Résultats du 2nd tour
samedi 26 mars 2011
"Voyage au bout de la droite" dans Marianne !
jeudi 24 mars 2011
Cantonale : récit de la journée électorale du 1er tour
Cantonale : Mon appel pour le 2nd tour
Cantonale : les enjeux du 2nd tour
mercredi 23 mars 2011
"Voyage au bout de la droite" dans les Inrocks
lundi 21 mars 2011
"Le FN est le porte-voix des illégitimes sociaux"
Pourquoi le FN fait-il une telle percée -15% des voix- au 1er tour des cantonales ? Comment le contrer ? Pour Gaël Brustier, co-auteur de "Voyage au bout de la droite" paru ce mois-ci, il est "vain" de diaboliser le Front national. Il s'agit désormais pour la gauche de "rompre avec la prolophobie" et de proposer un nouvel "imaginaire collectif" qui sache concurrencer celui, dominant, d'une droite de plus en plus à droite. Interview de ce docteur en sciences politiques, qui se dit proche du député socialiste Arnaud Montebourg. Que pensez-vous du succès du Front national aux cantonales de dimanche, avec 15% des voix ?
Marine Le Pen, qui apparaît débarrassée des fantômes de l'OAS et de la collaboration, est la dépositaire d'une marque et l'héritière d'un nom incarnant le vote protestataire.
Elle est désormais le porte-voix de ceux qui votent contre les élites. Car le vote FN est fortement motivé par la peur de ne pas exister. A partir du moment où vous êtes disqualifiés, où votre voix n'est pas entendue, vous cherchez un moyen d’expression. Marine Le Pen est la seule à représenter les illégitimes sociaux.
Mais la vraie question est de savoir pourquoi il y a dans les sociétés occidentales un imaginaire droitier qui se développe. Cet imaginaire a bénéficié à Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Et au Front National lors du premier tour des cantonales ce dimanche.
Sur quoi se fonde cet "imaginaire droitier" ?
Sur la peur du déclassement de l'Occident. Ce thème du déclin de l'Occident, qui est un thème de droite, touche toutes les classes sociales, y compris les élites.
Pourquoi blâmer un ouvrier qui vote Marine Le Pen pour obtenir une meilleure protection économique, et approuver un discours des élites, parfois de gauche, qui fait du contre-terrorisme l’alpha et l’oméga de la politique étrangère, alors que nous sommes davantage menacés par l'expansion de l'Inde ou de la Chine que par le monde musulman ?
Vous imputez à la droite chiraquienne des responsabilités dans la montée du FN ?
Oui, parce que c'est Jacques Chirac qui a dissous la droite gaulliste traditionnelle, autoritaire et égalitaire. Dissolution qui s’est produite dans la deuxième moitié des années 80, quand Jacques Chirac dirigeait le RPR et qu'Edouard Balladur a forgé une nouvelle ligne idéologique néo-libérale, inspirée des politiques de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. Ce tournant libéral date d'avant Nicolas Sarkozy.
Une évolution à la GianFranco Fini (aujourd'hui président de la Chambre des députés en Italie, hier d'extrême-droite) est-elle envisageable, avec une "normalisation" de Marine Le Pen et du Front national ?
Gianfranco Fini vient du MSI (Mouvement Social Italien) post-fasciste, il croit en l’Etat. Il s'est recentré parce qu'il était opposé à la Ligue du Nord. Celle-ci rassemble à la fois les néo-libéraux, sur le moins d'Etat, et les ouvriers, sur des thématiques racistes.
Marine Le Pen, elle, représente ces deux extrêmes-droites : elle joue à la fois sur un volontarisme à la Fini et sur un différentialisme à la Bossi – le syndrome de Lampedusa.
Son recentrage n’est pas pour demain, même si elle a choisi d'adopter pour cette campagne une rhétorique -je dis bien une rhétorique - purement égalitaire.
Vous croyez à une convergence UMP-FN ?
La fusion des électorats a eu lieu. Il y a un électoral volatil qui était passé en 2007 du FN à l'UMP, et qui est repassé au FN. Même si l’électorat de Marine Le Pen est plus jeune, plus masculin, plus ouvrier que celui de l’UMP.
Quelle peut être la réponse de la gauche à cet imaginaire de plus en plus droitier?
Il faut proposer un imaginaire collectif concurrent à celui de la droite. Il y a une détresse à laquelle des réponses purement sociales ou économiques ne suffisent pas.
La question, c’est celle de la nation civique. Qu’est ce qui fait lien entre les citoyens ? Il faut aussi s’intéresser à ce que j’appelle "les paniques morales" : en France, la surreprésentation des questions liées à l’islam, à l’immigration, tout ce qui fait l’objet de débats sans fin.
La gauche devrait les prendre en compte, délaisser la vision déformée du pays. Il faut rompre avec la "prolophobie", arrêter de traiter tout le monde en Dupont-Lajoie ou Lacombe Lucien, éviter de sortir le mot populisme à tout bout de champ. S’adresser à la majorité sociale de ce pays, aux ouvriers et employés mis en danger par la concurrence internationale et la précarité.
Il faut rompre avec le "boboïsme" des centre-villes ?
Oui. Il faut réhabiliter les mondes ouvriers et ruraux, défendre les tissus industriels, instaurer le "bouclier rural". Prendre en compte les zones péri-urbaines, derniers refuges d’une classe ouvrière qui a été expulsée des centre-ville et n’est plus encadrée, comme elle l’était autrefois, par le PC ou la CGT. S'intéresser aussi à l’Est de la France, où les mondes ouvriers ont été purement et simplement abandonnés.
Faut-il diaboliser le Front national ?
La diabolisation est inefficace. Ca ne marche pas et ça ne sert à rien.
Par Anne BRIGAUDEAU
Marine Le Pen, qui apparaît débarrassée des fantômes de l'OAS et de la collaboration, est la dépositaire d'une marque et l'héritière d'un nom incarnant le vote protestataire.
Elle est désormais le porte-voix de ceux qui votent contre les élites. Car le vote FN est fortement motivé par la peur de ne pas exister. A partir du moment où vous êtes disqualifiés, où votre voix n'est pas entendue, vous cherchez un moyen d’expression. Marine Le Pen est la seule à représenter les illégitimes sociaux.
Mais la vraie question est de savoir pourquoi il y a dans les sociétés occidentales un imaginaire droitier qui se développe. Cet imaginaire a bénéficié à Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Et au Front National lors du premier tour des cantonales ce dimanche.
Sur quoi se fonde cet "imaginaire droitier" ?
Sur la peur du déclassement de l'Occident. Ce thème du déclin de l'Occident, qui est un thème de droite, touche toutes les classes sociales, y compris les élites.
Pourquoi blâmer un ouvrier qui vote Marine Le Pen pour obtenir une meilleure protection économique, et approuver un discours des élites, parfois de gauche, qui fait du contre-terrorisme l’alpha et l’oméga de la politique étrangère, alors que nous sommes davantage menacés par l'expansion de l'Inde ou de la Chine que par le monde musulman ?
Vous imputez à la droite chiraquienne des responsabilités dans la montée du FN ?
Oui, parce que c'est Jacques Chirac qui a dissous la droite gaulliste traditionnelle, autoritaire et égalitaire. Dissolution qui s’est produite dans la deuxième moitié des années 80, quand Jacques Chirac dirigeait le RPR et qu'Edouard Balladur a forgé une nouvelle ligne idéologique néo-libérale, inspirée des politiques de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. Ce tournant libéral date d'avant Nicolas Sarkozy.
Une évolution à la GianFranco Fini (aujourd'hui président de la Chambre des députés en Italie, hier d'extrême-droite) est-elle envisageable, avec une "normalisation" de Marine Le Pen et du Front national ?
Gianfranco Fini vient du MSI (Mouvement Social Italien) post-fasciste, il croit en l’Etat. Il s'est recentré parce qu'il était opposé à la Ligue du Nord. Celle-ci rassemble à la fois les néo-libéraux, sur le moins d'Etat, et les ouvriers, sur des thématiques racistes.
Marine Le Pen, elle, représente ces deux extrêmes-droites : elle joue à la fois sur un volontarisme à la Fini et sur un différentialisme à la Bossi – le syndrome de Lampedusa.
Son recentrage n’est pas pour demain, même si elle a choisi d'adopter pour cette campagne une rhétorique -je dis bien une rhétorique - purement égalitaire.
Vous croyez à une convergence UMP-FN ?
La fusion des électorats a eu lieu. Il y a un électoral volatil qui était passé en 2007 du FN à l'UMP, et qui est repassé au FN. Même si l’électorat de Marine Le Pen est plus jeune, plus masculin, plus ouvrier que celui de l’UMP.
Quelle peut être la réponse de la gauche à cet imaginaire de plus en plus droitier?
Il faut proposer un imaginaire collectif concurrent à celui de la droite. Il y a une détresse à laquelle des réponses purement sociales ou économiques ne suffisent pas.
La question, c’est celle de la nation civique. Qu’est ce qui fait lien entre les citoyens ? Il faut aussi s’intéresser à ce que j’appelle "les paniques morales" : en France, la surreprésentation des questions liées à l’islam, à l’immigration, tout ce qui fait l’objet de débats sans fin.
La gauche devrait les prendre en compte, délaisser la vision déformée du pays. Il faut rompre avec la "prolophobie", arrêter de traiter tout le monde en Dupont-Lajoie ou Lacombe Lucien, éviter de sortir le mot populisme à tout bout de champ. S’adresser à la majorité sociale de ce pays, aux ouvriers et employés mis en danger par la concurrence internationale et la précarité.
Il faut rompre avec le "boboïsme" des centre-villes ?
Oui. Il faut réhabiliter les mondes ouvriers et ruraux, défendre les tissus industriels, instaurer le "bouclier rural". Prendre en compte les zones péri-urbaines, derniers refuges d’une classe ouvrière qui a été expulsée des centre-ville et n’est plus encadrée, comme elle l’était autrefois, par le PC ou la CGT. S'intéresser aussi à l’Est de la France, où les mondes ouvriers ont été purement et simplement abandonnés.
Faut-il diaboliser le Front national ?
La diabolisation est inefficace. Ca ne marche pas et ça ne sert à rien.
Par Anne BRIGAUDEAU
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« Lutter politiquement contre les paniques morales » Entretien avec Gaël Brustier
Daoud Boughezala : À vous lire, Jean-Philippe Huelin et toi, les slogans libertaires de mai 1968 appuieraient un nouvel occidentalisme fondé sur les valeurs marchandes…
Gaël Brustier : Ce que nous appelons « droitisation » n’est ni unilinéaire ni uniforme. Tu fais référence, en l’occurrence, à ce que nous définissons comme l’hédonisme sécuritaire, qu’on ne peut pas expressément traiter sous l’angle de l’histoire des idées. En expliquant que les enfants des soixante-huitards veulent, comme leurs parents, jouir sans entrave mais sous la protection d’un arsenal sécuritaire renforcé, nous pointons autant une évolution sociologique qu’une évolution correspondante des droites extrêmes européennes. C’est vrai et évident aux Pays-Bas avec Wilders. Cela peut devenir vrai dans d’autres pays, en particulier en France. Il est vrai que la France n’est pas encore touchée massivement par ce phénomène que nous entrevoyons à l’horizon d’une ou deux décennies…
DB : Pour prendre l’exemple français, Marine Le Pen surfe allègrement sur les « paniques morales » que tu évoques. N’est-ce pas là aussi une conséquence de la désertion du réel par une gauche muette sur la sécurité et l’immigration ?
GB : Marine Le Pen surfe sur beaucoup d’interrogations de notre société. Son actuelle percée est d’abord le fruit de sa capacité à se saisir d’une détresse sociale face à la mondialisation, aux délocalisations, au poids que la mondialisation fait porter à la société française. Mais les questions « morales » ne sont pas indifférentes à la droitisation actuelle. Nous reprenons en partie les analyses de Stanley Cohen pour expliquer qu’un ensemble de « paniques morales » parcourent la société. Elles ont un degré de sophistication différent mais se rapportent souvent à la question de l’Islam, devenue obsessionnelle dans une partie des élites notamment. C’est ce phénomène que tente de capter Marine Le Pen qui parle un langage démagogique mais habile. Les « paniques morales » existent : il faut savoir y répondre.
Ce qui est regrettable c’est de voir la gauche, ou une certaine gauche, éprouver, par exemple, une certaine mansuétude à l’égard du groupe Sexion d’Assaut qui tient des propos manifestement homophobes. Les mêmes sont plus durs avec Marine Le Pen lorsqu’elle prétend défendre les gays. C’est, à notre sens, une erreur stratégique qui peut, à terme, se payer durement dans les urnes, en particulier dans les grandes villes. En matière de stratégie électorale, il ne faut pas « flatter sa conscience avec son indignation » comme aurait dit Pasolini. Il faut d’abord être efficace politiquement.
DB : D’accord, mais vous parlez de paniques « morales ». Comment lutter politiquement ?
GB : Lutter contre les panique morales c’est à la fois bannir l’angélisme et le différentialisme et refuser le discours islamophobe et occidentaliste qui se pare des habits de la laïcité… Penser que la France est en voie d’islamisation relève du délire le plus achevé mais il ne faut pas, dans le même temps, refuser de voir qu’il existe des problèmes liés à des phénomènes para-sectaires qui posent des problèmes à beaucoup de nos concitoyens… Et qu’on cesse enfin de feindre d’assigner à « résidence culturelle » certains de nos concitoyens en les intégrant automatiquement à une catégorie religieuse…
DB : Penses-tu que la gauche peut sortir de l’angélisme pour reconquérir des classes populaires en quête de valeurs morales?
GB: Je pense que la gauche pèche par buonisme et aime avant tout flatter sa conscience en s’indignant. Il faut à la gauche le courage de regarder en face la société française. Elle doit analyser la géographie sociale du pays et la capacité de la droite à se fondre dans celle-ci en définissant un imaginaire collectif compatible avec elle. Nous avions analysé cette géographie sociale dans Recherche le peuple désespérément. Aujourd’hui nous nous attachons à décrire la droitisation dans Voyage au bout de la droite. Les hésitations stratégiques de Messieurs Buisson et Guaino, la difficile articulation de la visite au Puy-en-Velay et de la défense de la laïcité, l’impossibilité évidente, pour la droite, de faire campagne sur le mérite et le pouvoir d’achat, laissent l’élection présidentielle très ouverte.
DB : Donc, l’effondrement actuel de la popularité de Nicolas Sarkozy ne garantit pas la victoire de la gauche en 2012 ?
GB : Certainement pas ! La gauche a donc tort de se reposer sur ses lauriers. On ne répondra pas à la droitisation en criant « à gauche, à gauche, à gauche ! ». Et pas plus en transformant l’adversaire en diable. Il s’agit de définir à la fois un projet pour le pays en rapport avec la mondialisation et un imaginaire collectif qui lui corresponde. Pour les droites, l’explication du monde est simple, « du coin de la rue à Kaboul ». Pour la gauche, quelle est-elle ?
Causeur.fr, publié le 21 mars 2011
Gaël Brustier : Ce que nous appelons « droitisation » n’est ni unilinéaire ni uniforme. Tu fais référence, en l’occurrence, à ce que nous définissons comme l’hédonisme sécuritaire, qu’on ne peut pas expressément traiter sous l’angle de l’histoire des idées. En expliquant que les enfants des soixante-huitards veulent, comme leurs parents, jouir sans entrave mais sous la protection d’un arsenal sécuritaire renforcé, nous pointons autant une évolution sociologique qu’une évolution correspondante des droites extrêmes européennes. C’est vrai et évident aux Pays-Bas avec Wilders. Cela peut devenir vrai dans d’autres pays, en particulier en France. Il est vrai que la France n’est pas encore touchée massivement par ce phénomène que nous entrevoyons à l’horizon d’une ou deux décennies…
DB : Pour prendre l’exemple français, Marine Le Pen surfe allègrement sur les « paniques morales » que tu évoques. N’est-ce pas là aussi une conséquence de la désertion du réel par une gauche muette sur la sécurité et l’immigration ?
GB : Marine Le Pen surfe sur beaucoup d’interrogations de notre société. Son actuelle percée est d’abord le fruit de sa capacité à se saisir d’une détresse sociale face à la mondialisation, aux délocalisations, au poids que la mondialisation fait porter à la société française. Mais les questions « morales » ne sont pas indifférentes à la droitisation actuelle. Nous reprenons en partie les analyses de Stanley Cohen pour expliquer qu’un ensemble de « paniques morales » parcourent la société. Elles ont un degré de sophistication différent mais se rapportent souvent à la question de l’Islam, devenue obsessionnelle dans une partie des élites notamment. C’est ce phénomène que tente de capter Marine Le Pen qui parle un langage démagogique mais habile. Les « paniques morales » existent : il faut savoir y répondre.
Ce qui est regrettable c’est de voir la gauche, ou une certaine gauche, éprouver, par exemple, une certaine mansuétude à l’égard du groupe Sexion d’Assaut qui tient des propos manifestement homophobes. Les mêmes sont plus durs avec Marine Le Pen lorsqu’elle prétend défendre les gays. C’est, à notre sens, une erreur stratégique qui peut, à terme, se payer durement dans les urnes, en particulier dans les grandes villes. En matière de stratégie électorale, il ne faut pas « flatter sa conscience avec son indignation » comme aurait dit Pasolini. Il faut d’abord être efficace politiquement.
DB : D’accord, mais vous parlez de paniques « morales ». Comment lutter politiquement ?
GB : Lutter contre les panique morales c’est à la fois bannir l’angélisme et le différentialisme et refuser le discours islamophobe et occidentaliste qui se pare des habits de la laïcité… Penser que la France est en voie d’islamisation relève du délire le plus achevé mais il ne faut pas, dans le même temps, refuser de voir qu’il existe des problèmes liés à des phénomènes para-sectaires qui posent des problèmes à beaucoup de nos concitoyens… Et qu’on cesse enfin de feindre d’assigner à « résidence culturelle » certains de nos concitoyens en les intégrant automatiquement à une catégorie religieuse…
DB : Penses-tu que la gauche peut sortir de l’angélisme pour reconquérir des classes populaires en quête de valeurs morales?
GB: Je pense que la gauche pèche par buonisme et aime avant tout flatter sa conscience en s’indignant. Il faut à la gauche le courage de regarder en face la société française. Elle doit analyser la géographie sociale du pays et la capacité de la droite à se fondre dans celle-ci en définissant un imaginaire collectif compatible avec elle. Nous avions analysé cette géographie sociale dans Recherche le peuple désespérément. Aujourd’hui nous nous attachons à décrire la droitisation dans Voyage au bout de la droite. Les hésitations stratégiques de Messieurs Buisson et Guaino, la difficile articulation de la visite au Puy-en-Velay et de la défense de la laïcité, l’impossibilité évidente, pour la droite, de faire campagne sur le mérite et le pouvoir d’achat, laissent l’élection présidentielle très ouverte.
DB : Donc, l’effondrement actuel de la popularité de Nicolas Sarkozy ne garantit pas la victoire de la gauche en 2012 ?
GB : Certainement pas ! La gauche a donc tort de se reposer sur ses lauriers. On ne répondra pas à la droitisation en criant « à gauche, à gauche, à gauche ! ». Et pas plus en transformant l’adversaire en diable. Il s’agit de définir à la fois un projet pour le pays en rapport avec la mondialisation et un imaginaire collectif qui lui corresponde. Pour les droites, l’explication du monde est simple, « du coin de la rue à Kaboul ». Pour la gauche, quelle est-elle ?
Causeur.fr, publié le 21 mars 2011
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Cantonale : Résultats du 1er tour
Brustier reçu par Audrey Pulvar à la matinale d'Inter
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mardi 15 mars 2011
Cantonale : les enjeux du 1er tour à Moirans
lundi 14 mars 2011
samedi 12 mars 2011
vendredi 11 mars 2011
"Voyage au bout de la droite" à "Ce soir ou jamais"
Marine Le Pen, le phénomène. D’une manière générale, Marine Le Pen est souvent jugée comme plus modérée que son père. L’image qu’elle donne, calme et souriante, semble être à l’opposé des stéréotypes attribués habituellement à sa famille politique. Est-ce le cas ? Comment interpréter la montée en puissance du Front national et de ses thématiques ? (émission du 10 mars 2011)
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Cantonale : présentation de ma candidature dans "Voix du Jura"
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