Affichage des articles dont le libellé est Jura. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jura. Afficher tous les articles

mardi 3 mars 2015

UNESCO Chalain et Clairvaux

Chalain et Clairvaux sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juin 2011, qu'attend donc le Jura pour mettre en valeur ce patrimoine ?

Une note pour "Tendance Jura" en suivant le lien ci-dessous :

jeudi 19 juin 2014

Lancement de "Tendance Jura"

Tendance Jura est une coopérative politique jurassienne. Elle rassemble des audacieux qui veulent inventer ensemble l’avenir du Jura. C’est une structure nouvelle, un lieu ouvert à toutes les personnes de bonne volonté.

Notre objectif est de penser, anticiper et préparer en commun un futur désirable pour notre département. Il faut en effet penser à la place des partis politiques qui trop souvent ne pensent plus rien. Il faut produire collectivement des idées nouvelles et inviter le maximum de personnes à produire ce contenu.

Cette prospective doit se fixer le cap d’une génération : A quoi veut-on que ressemble le Jura dans 20 ans ? Que faut-il faire pour y arriver ? Comment inventer un futur à la fois désirable et inattendu ?

Pour cela, et dans un premier temps, Tendance Jura va publier une série de livres sur des sujets variés. Ils seront les supports du débat départemental que nous voulons lancer.

Les trois premiers opuscules sont disponibles dès aujourd'hui en librairie et en kiosque partout dans le Jura :


Pour en savoir plus, une seule adresse : tendancejura.fr

Première recension sur Factuel

vendredi 1 juin 2012

Législative 2012 : Pourquoi je suis le suppléant d’Arnaud Deborne

Je suis cette année professeur d’histoire-géographie au lycée Jean-Michel de Lons et au collège d’Orgelet après l’avoir été au lycée de Poligny. Marié, père de deux enfants, âgé de 33 ans, je suis le coauteur de deux livres politiques dont « Recherche le peuple désespérément » qui a inspiré la campagne de François Hollande en direction des couches populaires. J’ai aussi collaboré avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg.

Candidat PS à l’élection cantonale de Moirans-en-Montagne l’année dernière, je soutiens totalement la candidature d’Arnaud Deborne et j’ai donc accepté de devenir son suppléant pour deux raisons majeures.

D’abord, je connais Arnaud Deborne depuis dix ans. Alors qu’il menait ici la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement, j’en faisais de même à Belfort. En arrivant dans le Jura en 2006, j’ai lu avec intérêt son livre « Quand le Jura s’éveillera » et me suis étonné qu’il ne soit pas adopté par les responsables politiques locaux (mais l’avaient-ils lu ?) qui y auraient trouvé des solutions intelligentes et innovantes aux défis du développement jurassien. Arnaud est la seule personne du Jura à maîtriser aussi bien, et tout autant, le jeu politique et la maitrise technique des grands enjeux d’avenir. De plus, dans un contexte où la vie politique locale semble prisonnière de professionnels de la politique (vieux ou très jeunes d’ailleurs), il est bon qu’un homme qui n’a jamais vécu de la politique et qui a travaillé à son compte entre de plain-pied sur la scène politique jurassienne. C’est le souffle du renouveau ! 

Par ailleurs, Arnaud Deborne est le seul candidat de la « Majorité présidentielle » capable d’être élu puisque la candidate socialiste n’a pas respecté le code électoral en achetant des encarts publicitaires dans la presse. N’en déplaise à mes camarades du PS, la candidate que nous avions investie ne porte plus nos espoirs d’alternance puisqu’elle risque l’invalidation en cas de victoire. C’est un fait. Il faut faire avec et proposer à nos électeurs une autre candidature. Puisque le PS n’a pas su désigner un autre candidat, je me devais de montrer le chemin vers une candidature irréprochable et pleine d’avenir. 

Entre les lois de la République et la discipline d’un parti localement à la dérive, je choisis les lois de la République. J’invite les électeurs à nous suivre dans cette démarche républicaine. Le vote utile pour la « Majorité présidentielle » et pour l’avenir, c’est le vote Arnaud Deborne ! 


mardi 20 mars 2012

Pour une critique radicale des fermetures de classes

Le risque est grand de voir les cortèges de parents défendant l’école ou la classe de leurs enfants devenir un nouveau marronnier de l’actualité hivernale. Cette folklorisation est certainement recherchée par les promoteurs des contre-réformes à l’œuvre sur le mode : « ces gens-là sont sympathiques mais totalement irresponsables ». Le résultat est connu d’avance : ne se sentent concernés que ceux qui sont concernés. Pour mener des luttes utiles, il faut donc comprendre et faire comprendre la logique politique sous-tendue par ces fermetures. Pour « agir local », il faut « penser global » et « critiquer radical » au sens d’extirper jusqu’à la racine les mauvaises herbes de la désertion des services publics. 

Comme toutes les grandes manipulations, rien n’est caché. Les « orientations » sont définies dans un « schéma territorial des écoles du Jura ». En voici quelques extraits : « A la rentrée 2004, le département comptait 351 écoles publiques, 311 écoles publiques étaient recensées à la rentrée 2009. Le département a connu des fermetures d’écoles mais aussi des créations de pôles scolaires concentrés ainsi que des fusions d’écoles maternelles et élémentaires au sein d’une même commune. Ces dispositifs ont permis d’instaurer une meilleure dynamique pédagogique, ont contribué à réduite l’isolement par des projets communs et ont favorisé la mutualisation des équipements et des matériels. Cette évolution était nécessaire, au regard des enjeux associés à la maitrise du socle commun de connaissances et de compétences (…) Le maillage départemental des écoles est toujours caractérisé par une extrême dispersion des petites structures. Cette situation présente de réels inconvénients : manque d’émulation pour les élèves, travail en équipe difficile pour les professeurs, repères insuffisants pour l’évaluation des élèves. (…) Il convient de privilégier les structures de 6 à 8 classes au sein de pôles scolaires. » 

Voilà donc les objectifs de l’Education nationale pour le Jura. N’ayons aucune crainte d’inégalité à terme, cela doit être la même politique dans tous les autres départements de France. Le Jura n’étant pas une principauté, la politique de l’Education nationale reste nationale et elle a deux angles d’attaque pour faire accepter ces contre-réformes : le pédagogisme et l’expertise technocratique. Le tout a un but caché : faire des économies budgétaires sur le dos de l’Ecole. 

Grâce à quelles manipulations, les hiérarques de l’Education nationale croient-ils nous convaincre que la grande école à 15 km apprendra mieux à lire, écrire et compter que l’école du village ? A-t-on constaté dernièrement une amélioration sur le front de l’illettrisme suite à la fermeture massive d’écoles rurales ? Quant à la dernière lubie pédogagiste sur le travail en équipe des professeurs, il relève une fois encore plus de l’idéologie punitive contre les professeurs que de l’ambition pour les élèves. Tout cela n’est qu’un emballage de faux-semblants destinés à leurrer le gogo. Le ministère de l’Education nationale est bien devenu celui des marchands de sommeil ! 

L’avenir orwellien qu’il décide est donc tracé : le modèle des écoles maternelles et primaires est donc…le collège ! Une école (un « pôle scolaire » en novlangue) par canton, c’est l’idéal pour l’administration de l’Education nationale. Autant le dire clairement et que les parlementaires qui votent le budget de l’Etat assument leurs choix politiques ! Qu’ils aillent expliquer à leurs électeurs ruraux que leurs enfants de deux ou trois ans devront prendre le bus matin et soir, manger à la cantine (pour ceux qui en auront les moyens, les autres feront sans doute un régime hypo-calorique dans le cadre d’un programme de lutte contre l’obésité !!) et donc passer plus de 12 heures par jour hors de chez eux. Quelle modernité ! 

Budgétairement, puisque seule compte cette entrée, l’Etat ferme les écoles et demandent aux communautés de communes de construire et d’entretenir les « pôles scolaires » et aux Conseils généraux de financer les transports scolaires, avec une économie non négligeable en temps d’austérité européenne généralisée qui ne déguise en fait qu’un transfert de charges de l’Etat vers les collectivités qui, elles, n’ont pas droit au déficit. 

Bref, quand une société préfère embaucher des chauffeurs de bus plutôt que des instituteurs, on peut douter de son dynamisme, on peut même craindre son déclin. 

Jean-Philippe Huelin 
Essayiste, co-auteur de « Recherche le peuple désespérément » (Bourin, 2009) et « Voyage au bout de la droite » (Mille et une nuits, 2011) 
Tribune publiée sur le site "27 par classe"

dimanche 12 juin 2011

La désindustrialisation de la France continue

Des suppressions d'emploi ont été annoncées chez l'équipementier automobile MBF dans le Haut-Jura (450 emplois), d'autres sont envisagées pour deux sites de PSA à Aulnay-sous-Bois et à Sevelnord. Jean-Philippe Huelin tire la sonnette d’alarme concernant ce phénomène de désindustrialisation.

Il a été annoncé le 31 mai 2011, la suppression de 199 des 450 emplois de l’équipementier automobile MBF Technologies à Saint-Claude dans le Haut-Jura. Cette usine, plus connue localement sous son nom historique, Manzoni-Bouchot (MB), est le dernier reliquat d’un groupe né dans cette même cité après la Seconde Guerre mondiale. L’usine a une activité de fonderie d’aluminium sous pression et d’usinage de pièces pour l’automobile, en particulier pour le voisin sochalien Peugeot et pour Renault. L’usine est passée de plus de 800 personnes en 2007 à 450 aujourd’hui et donc 250 demain.

Ce pourrait être à terme une fermeture d’usine de plus, celle d’une entreprise familiale tombée en 1999 dans la financiarisation de l’économie avec son rachat par un groupe financier suisse puis dans les griffes de l’externalisation de Peugeot à qui MB rachète la fonderie de Villers-la-Montagne en 2002. Tout aurait pu s’arranger avec la reprise de la branche fonderie par un concurrent français, le groupe Arche, en 2007, mais ce ne fut pas le cas.

Aujourd’hui en effet, ces licenciements portent en eux un symbole et un signal d’alarme. Le symbole tient dans la désindustrialisation d’un bassin d’emploi, le deuxième en Franche-Comté (elle-même première région industrielle de France), qui se situe dans une très vieille région industrielle, loin des grandes villes. Saint-Claude est une sous-préfecture de 11 000 habitants au cœur d’une zone rurale, d’un parc régional et d’un bassin de vie qui a perdu 10% de ses emplois entre 1999 et 2007.

Mais il y a deux autres informations tombées ce jour qui mettent en perspective ce désastre industriel pour ce secteur du Jura et qui au-delà de lui sont un véritable signal d’alarme. La première information est le projet de fermeture du site PSA d’Aulnay-Sous-Bois. Pour le groupe français PSA, cela doit correspondre à une volonté de rattraper son concurrent français qui le devance encore en matière de délocalisation : Peugeot affiche 37,2% de véhicules assemblés en France, Renault n'en a produit que 26,4%. Dans ces conditions, nul doute que la pression à la délocalisation soit très forte sur les sous-traitants de Peugeot ! Il faut ajouter que Renault a pris de l’avance en faisant tourner à plein régime la fonderie de Dacia en Roumanie…

La seconde information est le montant du déficit de la balance commerciale française qui a atteint en avril 2011 plus de 7 milliards d’euros. Notons que parmi les causes de l’accentuation de ce déficit vient le repli de 1.5% des exportations industrielles dû à la baisse des ventes d’équipements automobiles.

Qui peut aujourd’hui encore nier le lien entre désindustrialisation, délocalisation, appauvrissement et chômage ouvrier ? On ne peut plus seulement proposer au monde ouvrier, comme l’a fait avec courage le Conseil Régional de Franche-Comté, des formations qualifiantes en attendant la reprise. La crise financière de 2008 a bon dos et sert de prétexte à une désindustrialisation beaucoup plus profonde. Il s’agit donc de s’attaquer aux racines du processus. Rôle de l’euro, mesures de protectionnisme à l’échelle continentale, combat pour la « made in France », valorisation des savoir-faire ouvriers, tels sont entre autres, les vrais sujets sur lesquels on attend les candidats aux primaires. A eux de nous convaincre que le futur président de la République pourra s’opposer à la désindustrialisation de notre pays ! Qu’ils viennent l’expliquer aux ouvriers de Manzoni-Bouchot à Saint-Claude, on saura les écouter.

Jean-Philippe Huelin - Tribune | Dimanche 12 Juin 2011

mercredi 1 juin 2011

Jean-Philippe Huelin : « Les collectivités locales ne sont pas un contre-pouvoir »

Politique. Dans son dernier essai, le socialiste jurassien analyse la droitisation de la société. Un phénomène que, selon lui, les victoires de la gauche aux élections locales n’arrivent pas à enrayer.

Votre nouveau livre parle de la droitisation des sociétés occidentales. De quoi s’agit-il ?

Au départ, il y a un constat : malgré le contexte économique et social qui pourrait lui être favorable, la gauche ne gagne plus d’élections. Aujourd’hui, tout débat politique se résume à des prises de position des droites. La gauche est marginalisée, elle n’a plus de modèle à proposer et elle n’arrive pas à en inventer un autre. Nous avons essayé de comprendre ce phénomène.

Comment cette droitisation s’est-elle opérée ?

Ça commence à la fin des années 70 et au début des années 80 avec l’arrivée d’une droite néolibérale en Grande-Bretagne et aux États-Unis puis le phénomène s’est étendu à l’ensemble des sociétés occidentales. La droitisation, ce n’est pas une réanimation des droites du passé mais un phénomène nouveau lié à la peur du déclassement de l’occident qu’il soit américain et européen. Depuis trente ans, les droites ont imposé leur vision du monde, leur hégémonie culturelle qui se sont traduites par des victoires électorales. Elles ont imposé le néolibéralisme contre le keynésianisme de l’après-guerre, l’anticommunisme puis le choc des civilisations… Elles ont repris à la gauche sa capacité de contestation. Il n’y a qu’à voir ceux qu’on a appelés les nouveaux philosophes qui sont passés du droit-de-l’hommisme à Nicolas Sarkozy.

N’y a-t-il pas un paradoxe à parler de droitisation alors que la gauche arrive en tête des élections locales depuis 2007 et qu’elle est à la tête de nombreuses villes…

Mais l’enjeu idéologique dans les élections locales est inexistant ! Pour moi, il s’agit là d’une nouvelle forme de cohabitation. Depuis 2002, et l’organisation des législatives dans la foulée de la présidentielle, il n’y a plus de cohabitation possible au plus haut sommet de l’État. Inconsciemment les citoyens procèdent à un équilibrage en confiant les exécutifs locaux à la gauche qui jouent les infirmières pour panser les coups portés par le pouvoir national. Mais cette nouvelle forme de cohabitation est dangereuse pour la gauche.

Pourquoi ?

Parce qu’elle peut anesthésier ses ambitions pour reprendre le pouvoir national. La gauche se recroqueville sur les collectivités qui ne sont pas un contre-pouvoir et qui n’ont finalement qu’une emprise limitée sur la vie des gens. Certes elle n’a pas intérêt à délaisser ces collectivités qui donnent des places pour les siens. Mais je ne crois pas que ces élections locales posent des jalons idéologiques politiques sur lesquels on pourrait s’appuyer pour une victoire nationale. C’est totalement déconnecté.

Même analyse pour le conseil général du Jura qui a basculé à gauche en mars ?

Oui. D’ailleurs, on peut souligner la victoire fragile de la gauche qui est certes majoritaire en sièges mais minoritaire en voix avec un écart d’un millier de voix. Dans la perspective des futures élections territoriales en 2014, sur les sept cantons les plus petits du Jura susceptibles de disparaître, cinq sont tenus par la gauche, deux seulement par la droite. Si l’on analyse le résultat des cantonales, la droite reste majoritaire dans deux des trois circonscriptions du département : Lons et le haut Jura. On est loin d’un mouvement porteur.

Ce vote à gauche peut aussi témoigner d’une volonté de changement des électeurs…

Les gens n’attendent plus de la gauche qu’une alternance par rapport à la droite. Or l’alternance sans alternative ne sert pas à grand-chose. On ne sait pas en quoi une gestion de gauche est radicalement nouvelle. On a confié les clés du département à une majorité sans savoir très bien ce qu’elle va faire. C’est une critique que je fais à toute la gauche, dont nous sommes collectivement responsables. Avoir des élus locaux ne suffit pas à gagner une élection nationale. On l’a vu en 2007 pour la présidentielle. Si on n’a pas préparé idéologiquement le terrain, on n’en tire aucun bénéfice.

Vous-même avez été candidat PS dans le canton de Moirans-en-Montagne ?

Et j’en sais quelque chose : j’ai voulu faire une campagne idéologique notamment autour du thème du bouclier rural qui n’a pas pris.

Cela n’a pas été repris par le PS comme argument de campagne.

On a laissé chacun mener campagne comme il l’entendait, avec un programme mais sans un projet issu d’un travail collectif, qui aurait pu guider tout le monde.

Vous participez à l’organisation de la primaire socialiste dans le Jura…

Oui, je fais partie de l’équipe qui s’en occupe. J’étais, dès le départ, favorable aux primaires qui devaient initialement s’étendre sur plusieurs mois avec une désignation rapide des candidats. Cela aurait permis de faire émerger un inconnu comme Obama aux États-Unis par exemple. Au lieu de cela, on a vu une longue période de jeu de dupes où les candidats potentiels se testent par rapport aux sondeurs. Avec des primaires fixées au 9 octobre, la campagne de fond va durer trois semaines. Le système retenu ne favorise finalement que les personnalités établies, ce qui est au fond là encore un réflexe conservateur, un réflexe de droite.

Propos recueillis par Sandrine Chabert, publié dans le Progrès le 1er juin 2011


dimanche 15 novembre 2009

Conférence du Cercle Jean-Jaurès le 2 décembre à Lons-le-Saunier


A l’occasion de la sortie de son livre, Recherche le peuple désespérément (Bourin éditeur), coécrit avec Gaël Brustier, le Cercle Jean-Jaurès recevra Jean-Philippe Huelin.

Il viendra nous présenter les principaux enseignements de leur enquête à travers cette France populaire, périphérique et trop souvent délaissée par les politiques comme par les médias. Aussi notre thématique pour cette soirée sera la suivante :

« Reconquérir les couches populaires,
une nécessité pour la gauche »

Cette conférence aura lieu le : Mercredi 2 décembre 2009 à 20h au Centre social de Lons-le-Saunier

A la fin de celle-ci, Jean-Philippe Huelin dédicacera son livre qui sera en vente au prix de 17 €.

Pour vous permettre de préparer cette conférence, un dossier complet sur ce sujet est disponible sur notre site Internet : www.cerclejeanjaures.org

Comptant sur votre présence, nous vous adressons nos amitiés républicaines,

Yves Ayats, trésorier du Cercle Jean-Jaurès

mardi 10 novembre 2009

Identité nationale : le Code n'est rien sans le glaive


Coauteur du livre « Recherche le peuple désespérément » (Bourin éditeur), Jean-Philippe Huelin se livre ici à une défense de la Marseillaise, le chant de la nation dont il fait distribuer et commenter les paroles en classe lorsque le révolution française est au programme. En mobilisant Renan et Jaures.

A la veille ce jour commémoratif de l’armistice de 1918 et alors que s’engage un débat national sur l’identité de la France, le Jurassien que je suis se demande si l’un de nos symboles nationaux, la Marseillaise, œuvre du Lédonien Rouget de Lisle, n’est pas le meilleur indicateur de l’état de notre « esprit national ».
Avant d’en venir là, permettez-moi quelques mots sur cet étrange débat à propos de l’identité nationale. Je m’étonne d’abord qu’un ministre puisse « imposer » aussi facilement un « débat public » qui ne semble guère rendu nécessaire par l’actualité immédiate. Passons… une fois de plus, en Sarkozie, le « faire-savoir » est cousin du « se faire voir ». Sur de telles bases, il est à craindre que tout débat soit vicié ; la manipulation politicienne est trop visible à quelques mois d’élections régionales qui ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices pour l’UMP.

Sur le fond, la question de la nature de notre identité nationale a été tranchée à la fin du XIXe siècle par Ernest Renan lors de sa fameuse conférence publiée sous le titre « Qu’est-ce que la nation ? » Dans sa réponse, Renan défend une conception citoyenne de la nation qui est pour lui un « principe spirituel » s’appuyant concomitamment sur un héritage commun et un « vouloir vivre ensemble ». Par là, il construit une conception opposée à la vision allemande de la nation qu’avait défendue Fichte au début de ce même siècle et qui avait une nature plus essentialiste et fondée sur le sang. Le débat me semble clos… sauf pour ceux qui ont peut-être le « vouloir vivre ensemble » mais pas l’héritage commun, c’est-à-dire les populations immigrées ou issues de l’immigration récente. Si c’est là-dessus que certains veulent faire porter le débat, alors il s’agit d’un débat sur l’intégration.

Il ne me semble alors pas du tout surprenant qu’à l’heure où l’on chante partout, de la droite libérale à la gauche boboïsée, les vertus de la diversité (nouvelle bannière des élites médiatisées et mondialisées), se pose la question de l’appartenance à une nation. C’est d’autant plus difficile de s’intégrer à une nation pour les immigrés que les élites nationales daubent en permanence l’idée de nation. Or il clair que pour appartenir il faut chercher du commun, du lien. Contre l’atomisation du tout-individuel, la nation doit être un refuge où peut s’épanouir ce qui nous rassemble ; si ce n’est pas l’histoire, ce peut être des principes, des valeurs, des moments, des commémorations, des symboles, des chants…

Nous arrivons donc à notre Marseillaise. On peut toujours en lire les paroles ou la chanter seul mais sa force est dans le chœur et les cœurs qui se réunissent pour la chanter. Chant de guerre, elle est un cri de défense d’un « nous » contre un « eux ». Il est primordial de le rappeler. Sans l’armée de l’an II, pas d’application des droits de l’homme et du citoyen. Le Code n’est rien sans le Glaive. La Marseillaise est l’expression populaire de cet élan civique qui promeut la nation comme acteur de l’Histoire.

A cet égard, on comprend mieux que, dans une France que d’aucuns veulent apaisée et presque endormie, les paroles de ce chant guerrier puissent écorcher des oreilles devenues trop sensibles. Que certains, par provocation, entrainement ou aveuglement, la sifflent parfois lors de certaines rencontres footballistiques n’est qu’un des signes de sa vitalité. En tant que professeur d’histoire-géographie, je peux témoigner que je tiens tout particulièrement à distribuer et à commenter les paroles de la Marseillaise lorsque le programme met au menu la Révolution française. Cela me semble tout à fait profitable car l’amour de la patrie n’est jamais que l’accomplissement d’un parcours de connaissances et d’émotions de chaque individu à qui l’on apprend à s’élever au rang de citoyen. Je pense que la Marseillaise participe toujours pleinement de cette ambition, tout du moins le devrait-elle.

Enfin terminons par une citation de Jean Jaurès. A certains de ses adversaires qui essayaient d’opposer le chant socialiste de l’Internationale et la patriotique Marseillaise, Jaurès ne contourne pas l’expression tant décrié de « sang impur (qui) abreuve nos sillons » et il écrit : « Oui, c'est une parole sauvage. Et pourquoi donc la Révolution l'a-t-elle prononcée ? Parce qu'à ses yeux tous les hommes qui consentaient, sous le drapeau de leur roi et de leur pays, à lutter contre la liberté française, espoir de la liberté du monde, tous ces hommes cessaient d'être des hommes ; ils n'étaient plus que des esclaves et des brutes. (…) Quand la patrie, maniée par les tyrans, devient un instrument de servitude contre l'humanité, l'indiscipline, la révolte, la désertion deviennent l'obligation première : voilà ce que la Révolution française, voilà ce que La Marseillaise crient à tous les soldats du monde.»

Jean-Philippe Huelin - militant PS | Mardi 10 Novembre 2009
http://www.marianne2.fr/Identite-nationale-le-Code-n-est-rien-sans-le-glaive_a182723.html