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mardi 3 mars 2015

UNESCO Chalain et Clairvaux

Chalain et Clairvaux sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juin 2011, qu'attend donc le Jura pour mettre en valeur ce patrimoine ?

Une note pour "Tendance Jura" en suivant le lien ci-dessous :

jeudi 24 janvier 2013

Note sur le vote des ouvriers en Franche-Comté

Après un compte-rendu de ma note sur le vote ouvrier publié par la fondation Jean-Jaurès, vous pouvez lire sur le blog politique de France 3 Franche-Comté ma note, adaptation régionale de la première, donnant des pistes de réflexion sur ce vote dans la région la plus ouvrière de France, la Franche-Comté  :



Les ouvriers et le vote en Franche-Comté 

La Franche-Comté est la région de France où les ouvriers sont les plus nombreux en pourcentage. La question du vote des ouvriers est donc plus qu’ailleurs une préoccupation légitime pour les observateurs et les élus régionaux. Pour autant, nous manquons de sondages régionaux le jour du vote pour évaluer précisément, comme on peut le faire au niveau national, le sens du vote ouvrier. Je développerai donc ici quelques éléments adaptés à notre région de ma note publiée par la fondation Jean-Jaurès : « Où en est le vote ouvrier ? » 

Lors de l’élection présidentielle de 2012, notre région s’est distinguée par rapport au vote de l’ensemble des Français en votant au premier tour moins pour François Hollande (-2 points) et plus pour Marine Le Pen (+ 3 points). Cette situation ne fait d’ailleurs que dupliquer l’élection de 2007 puisque Ségolène Royal faisait 2 points de moins que son score national et Jean-Marie Le Pen 4 points de plus. De la même façon, précédemment, en 2002, Jean-Marie Le Pen faisait 2 points de mieux dans notre région que son score national aux deux tours de scrutin. Cette réalité ancre notre région dans une dynamique droitière plus large couvrant l’ensemble du quart Nord-est de la France. Jérôme Fourquet, en particulier, a mis en lumière l’importance stratégique de cette grande région pour le résultat de l’élection présidentielle et on constate que les régions Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, le nord de la Bourgogne et donc la Franche-Comté ont voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy au second tour. 

Cette France du Nord-est est aussi celle qui, en plus du littoral méditerranéen, donne à Marine Le Pen ses meilleurs résultats, partout au-dessus de 21%. On observe d’ailleurs que le bon score du président sortant au second tour est largement dû à un meilleur report des voix obtenues par Marine Le Pen au premier tour. Alors que la moyenne nationale se situe, selon les instituts de sondages, à un électeur FN sur deux, il y en a plus en Franche-Comté ce qui conforte une évolution née au cours des années 2000 et qui inverse ce qui se passait auparavant, au cours des années 80 et au début des années 90, quand l’électeur « sociologiquement de gauche » votant pour Le Pen au premier tour revenait plus volontiers vers la gauche au second tour. Le vote Le Pen a donc aussi changé de caractéristiques : il s’agit de plus en plus d’un vote d’adhésion à une partie du programme frontiste et non d’un simple vote protestataire. 

Cette France du Nord-est est enfin celle où les ouvriers sont surreprésentés. Avec l’Ouest intérieur, le Nord-est compte près de 20% de la population de plus de 15 ans qui est ouvrière. Si on regarde plus précisément dans notre région, la proportion est encore plus forte dans deux types d’espace : la bande frontalière et la grande périphérie des villes. En valeur absolue, les ouvriers sont bien sûr très nombreux dans l’Aire urbaine et à Besançon mais ils sont, dans les zones urbaines, sous-représentés. Or si la question des frontaliers arrive à trouver sa place dans le débat public (plutôt sous l’angle fiscal d’ailleurs), quand parle-t-on des navetteurs, ceux qui font plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour pour aller travailler ? Quelles sont les politiques publics qui visent à leur faciliter la vie ? A dire vrai, ils semblent ne pas exister ; inconsciemment, un ouvrier habite près de son usine comme il y a cinquante ans. Le navetteur périurbain est trop souvent le grand oublié. 

En grossissant le trait, on observe ainsi trois types d’ouvriers qui ont chacun des comportements électoraux différents : 
  • L’ouvrier des villes ouvrières, celui qui habite à proximité des grands pôles de production de la région (Aire urbaine, Besançon), garde encore en héritage une propension à voter à gauche malgré un vote FN qui revient à son très haut niveau de 2002 mais sans l’atteindre totalement (surtout si l’on ajoute au score de Jean-Marie Le Pen celui de Bruno Mégret). Nicolas Sarkozy y réalise des scores plus faibles qu’en 2007 dans des proportions supérieures à son score régional, comme une sanction des promesses non-tenues au monde ouvrier. 
  • L’ouvrier frontalier est certainement le plus conservateur. Traditionnellement acquis à la droite, haut-Doubs et haut-Jura plébiscitent le président sortant dans des proportions parfois supérieures même à son score de 2007 (+ 2 points à Villers-le-Lac par exemple au premier tour, +3.5 points au second). Le vote FN est en repli par rapport à 2002 et reste bien en-dessous de la moyenne régionale. 
  • L’ouvrier périurbain ou rural habite entre 15 et 40 km environ des grandes agglomérations dans notre région. C’est un espace où les ouvriers sont surreprésentés et où le vote FN est le plus fort, souvent Marine Le Pen y arrive en tête du premier tour. On le voit très bien sur la carte du premier tour de la présidentielle 2012 où se dessine une couronne autour de l’Aire urbaine où partout le FN arrive en tête avec plus de 10 points de plus que le score régional de Marine Le Pen. 
Incontestablement, il y a une forte adéquation entre présence ouvrière et vote Front national. La Franche-Comté voit se reproduire, mais à un niveau d’adhésion électorale supérieure, la même dynamique qu’à l’échelon national : Marine Le Pen est d’autant plus forte que l’on s’éloigne du centre des grandes agglomérations et c’est à peu près l’inverse pour le candidat socialiste qui est très fort là où il y a le moins d’ouvriers, au cœur des grandes villes. Autre élément à retenir, le report des voix entre le FN et la droite entre les deux tours semble se renforcer, en serait-il de même si le report devait se faire de la droite vers le FN ? C’est à craindre comme l’ont montré les résultats de candidats FN dans certains cantons en 2011. Le bloc droitier est donc particulièrement puissant dans notre région. 

Tout laisse même à penser que le score de Nicolas Sarkozy aurait pu être plus fort avec une participation plus forte. Or cette participation en Franche-Comté est en repli, « lors des élections du printemps 2012, 48,1 % des électeurs de la région se sont rendus aux urnes à chaque tour de scrutin. C’est à peine mieux que la moyenne nationale, mais en net recul par rapport à 2007.[1] » Et l’on sait bien, quand on observe les résultats des élections intermédiaires, que c’est la gauche qui profite dans les urnes d’une moindre participation qui concerne surtout les couches populaires. La gauche sans le peuple est devenue la réalité. 

Cette situation ne doit pas manquer d’inquiéter les élus des collectivités locales, presque toutes dirigés par des socialistes. Le Parti socialiste détient le conseil régional, les quatre conseils généraux et presque toutes les grandes villes de la région. Avec la défiance qui monte envers le président de la République et le gouvernement (je signale au passage que François Hollande n’a plus la confiance que de 28% des ouvriers, soit une perte de 35 points depuis son élection, et Jean-Marc Ayrault de 19% seulement), les échéances de 2014 et 2015 s’annoncent particulièrement difficiles pour la gauche et plus encore dans notre région. 

jeudi 10 janvier 2013

Note pour la fondation Jean-Jaurès

Vous pouvez lire ma note sur le vote ouvrier qui a été publiée sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.
Voici le lien

lundi 23 août 2010

Note pour le laboratoire des idées


UN BOUCLIER RURAL, POUR UNE ÉGALITÉ RÉELLE ENTRE LES TERRITOIRES

La question territoriale est certainement au cœur de toute reconquête politique durable pour le Parti Socialiste. C’est la mesure de notre capacité à percevoir la nouvelle France, façonnée depuis les années 80 par les mutations économiques profondes de la mondialisation néolibérale. Une France en manque de repères, mais pourtant créative. Une France qui semble hésiter entre le « vivre mieux ensemble » et l’impasse individualiste. C’est toute l’épaisseur territoriale et sociale de notre pays que le PS doit retrouver. Au moment où le Parti Socialiste affirme la vision d’une nouvelle société urbaine, il est indispensable qu’il s’empare également de la nécessité d’une ruralité moderne.

La France rurale représente près de 20% de la population. Plus âgée, plus pauvre, plus ouvrière, cette France périphérique et populaire mérite toute notre attention. Depuis quelques années et sans faire de bruit, l’exode rural est devenu exode urbain, la population rurale augmente même si tous ceux qui s’installent à la campagne ne le choisissent pas nécessairement.

Or l’Etat a choisi de l’oublier. Il y a fermé les écoles de village, les hôpitaux et les maternités de proximité, les bureaux de poste et d’autres services publics (énergie, téléphonie…). Le monde rural est désormais considéré comme une terre de relégation. La fracture sociale s’est doublée d’une fracture territoriale !

Le tableau est noir, on le connait, si tant est qu’on veuille le voir. Il est bon de le rappeler et en même temps, il faut porter un regard positif et mener une action politique pleine de dynamisme. Si on peut avoir le pessimisme de la raison, il faut, plus que tout, avoir l’optimisme de la volonté !

Qui sait que 10 millions de citadins ont un projet de vie à la campagne ? Comment ignorer que partout les élus et les acteurs locaux se battent pour permettre à chacun d’y travailler et d’y vivre mieux ? A maints égards, la ruralité a endossée une nouvelle forme de modernité : nouvelles technologies, environnement préservé, qualité des relations humaines, commerces de proximité… Chaque jour, on y invente des solutions à des questions très concrètes de la vie quotidienne. Tout cela rend possible une contribution de la ruralité à un nouveau modèle de vivre ensemble qui promeut « la ré-humanisation des villes et la revitalisation des campagnes », comme le propose Edgar Morin.

C’est pourquoi, nous voulons un bouclier rural, car nous vivons dans des territoires de résistance, qui ont subi les premiers et de plein fouet la politique de Nicolas Sarkozy. C’est aujourd’hui le moyen de rétablir le principe républicain d’égalité entre les citoyens où qu’ils habitent sur notre territoire national.

Un bouclier pour se protéger, pour retisser des liens entre les habitants des campagnes, mais aussi entre les villes et les campagnes.

Un bouclier pour faire France, car on ne peut accepter la brisure entre un archipel métropolitain aspiré par le turbo-capitalisme et un arrière-pays rural condamné à la marginalité sociale.

Un bouclier aussi pour relever la tête et montrer, par des résultats concrets, qu’un autre modèle de vie est possible et que cette alternative peut justement venir des campagnes. Nous militons pour une République respectueuse de tous ses territoires.

Pour que nos campagnes vivent, notre bouclier rural doit être un arsenal de mesures concrètes qui rétablissent l’égalité, tout en prenant en compte les spécificités de la vie à la campagne. Refusant les recettes cosmétiques, nous appelons donc à écrire une loi de la République qui s’impose à l’Etat et aux personnes morales en charge de politiques publiques. Nos propositions sont sur la table, elles ne demandent qu’à être précisées, amendées ou complétées.

1) Maintien ou rétablissement de services publics indispensables à la cohésion sociale et à la création de richesses

Il est primordial de garantir un temps d’accès minimum aux services de base :
  • Santé : accès à moins de 45 mn d’une maternité, de 20 mn d’un accueil de médecine générale, mesures de lutte contre le désert médical et régulation des installations de médecins sur le territoire.
  • Justice : accès à moins de 45 mn d’un tribunal d’instance, à moins d’1 h 30 d’un Tribunal de Grande Instance
  • Education : accès à moins de 15 mn d’une école élémentaire et primaire (30 mn par transport scolaire), à moins de 25 mn d’un collège (45 mn par transport scolaire)
  • Services du Trésor : accès à moins de 20 mn d’une trésorerie, de 45 mn d’un centre des impôts
  • Service postal : accès à moins de 15 mn d’un bureau de poste ouvert au moins 26 heures par semaine
  • Missions d’accompagnement d’accès à l’emploi et à la formation (initiale et professionnelle) : accès à moins de 30 mn d’un lieu d’accueil et d’information.
Par ailleurs, et face aux dégradations qui s’accélèrent depuis dix ans, il est primordiale de maintenir une qualité de distribution de l’électricité équivalente à celle des villes. De même, et pour préparer l’avenir, il faut que tout habitant, toute entreprise ou collectivité ait accès au très haut débit. Nous devons nous engager dans un véritable programme qui amène, partout et pour tous, la fibre optique.

Tout cela implique notamment de partir des besoins des habitants et non d’obligations d’économies purement comptables. Cela impose la suppression de la règle de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans nos territoires.

2) Création de zones de développement économique rural

Nous savons bien que pour assurer le développement économique des zones rurales, il faut à la fois créer des richesses, c’est-à-dire maintenir les activités productives, les renouveler et les moderniser, capter des richesses pour maintenir l’attractivité résidentielle et touristique qui est importante dans le monde rural et faire circuler ces richesses à travers les commerces, les services, les associations etc.

Ces trois volets sont en totale interdépendance. Agir sur l’une sans penser aux autres n’est pas optimum, voire contre-productif. Nous proposons donc la création de zones de développement économique rural.
  • Cela permettra pour les entreprises déjà installées dans les territoires ruraux les plus isolés de bénéficier de conditions sociales et fiscales adaptées. Il faut en effet tenir compte de l’isolement géographique et de la saisonnalité du chiffre d’affaires : la fiscalité nationale et locale comme les cotisations sociales doivent être compatibles avec ces activités qui très souvent s’apparentent à une mission de service public. Si nous savons accompagner ceux qui veulent s’installer, il est nécessaire de soutenir aussi ceux qui sont là et qui résistent pour faire vivre nos villages.
  • Elles prendront en compte la situation particulière des artisans et des commerçants en définissant un statut réellement protecteur pour ceux qui ont fait le choix d’entreprendre dans ces territoires.
  • Ces zones permettront aussi d’adapter le rythme des mises aux normes dans des établissements à taille humaine (par exemple l’hôtellerie ou les stations services) qui sont menacées par des fermetures massives.
  • Elles doivent être accompagnées de nouveaux outils bancaires, publics ou privés, qui tiennent compte de la spécificité de l’activité dans les zones rurales et de règles qui imposent aux établissements bancaires de réinvestir dans ces zones une partie des sommes qu’ils y prélèvent.
  • Elles réserveront certains marchés publics aux PME et aux TPE, au moins au titre de la sous-traitance.
  • Elles permettront la création de pôles de compétitivité ruraux et apporteront des soutiens spécifiques à l’économie agricole.
  • Elles permettront de bonifier les dotations de fonctionnement de l’Etat qui, à l’heure actuelle, sont deux fois moins importantes dans les zones rurales que dans les zones urbaines.

3) Soutien au bénévolat et aux associations qui rendent des services d’intérêt général

L’aide à l’action bénévole, comme les sapeurs pompiers volontaires, dont le statut précaire peut mettre en danger à terme les premiers secours, mais aussi les centres sociaux, dont l’existence et les services aux familles sont parfois mise en péril par la remise en cause silencieuse des dispositifs d’aides publiques, constituent quelques exemples de soutiens durables indispensables à la cohésion sociale de nos territoires. Le soutien durable aux lieux d’échanges et de débats, comme les comités de territoires ou les associations de développement est indispensable, car nous avons expérimenté ce qui doit être un élément fondamental de la citoyenneté de demain.

4) Invention d’une « nouvelle école »

Le bouclier rural est aussi une contribution pour repenser notre système scolaire. Nous proposons de généraliser les « ZEP rurales » c'est-à-dire les « aires rurales d'éducation concertée » (AREC), véritables bassins éducatifs pour une éducation et une formation tout au long de la vie et outils pour « penser global » l’offre éducative. Nous demandons d’abord des classes à taille humaine (25 élèves maximum), des temps de transports scolaires compatibles avec le rythme de vie des enfants et l'encouragement à la scolarisation dès deux ans parce que la très petite section de maternelle est le premier lieu de socialisation. De même, nous suggérons de généraliser « des maisons des petits à l’école » pour réussir enfin le passage de la famille à l’école ainsi que la mise en œuvre de « groupes de soutien au soutien » pour les enseignants.

5) Prise en compte de notre légitimité territoriale dans la réforme des collectivités territoriales

Le développement des intercommunalités rurales a renforcé le tissu rural. Tout aussi indispensable sont les parcs naturels régionaux et les pays, parce qu’ils sont fondés sur la délibération collective et le contrat qui permettent d’inventer une ruralité moderne. Alors que nous représentons 80 % du territoire, et que la réforme des collectivités territoriales prévoit de diviser par quatre le nombre de nos élus locaux, le bouclier rural doit prévoir la représentation de nos territoires en fonction de la population, certes, mais aussi de la superficie de nos territoires qui demandent d’être considérés comme des espaces à part entière, spécifiques et légitimes.

Conclusion

Les agriculteurs l’ont dit récemment avec beaucoup de force, car la brutalité des variations de prix qu’ils subissent et les baisses de revenu qu’elles impliquent seraient inacceptables pour tout autre secteur d’activité : l’indifférence et le mépris ne sont plus supportables.

Le monde rural demande à être respecté et entendu. Nous, socialistes, devons relever ce défi du développement de nos territoires, nous en sommes capables. Il y a dans nos campagnes des forces extraordinaires qui ne demandent qu’à s’exprimer. Tous nos concitoyens veulent vivre avec des services publics de qualité pour pouvoir créer des richesses. Cela passe certainement par un nouveau pacte entre la République et le monde rural. C’est ce que pourrait incarner le bouclier rural.

Retrouvez la totalité du dossier sur le bouclier rural sur le site : « Vers un bouclier rural »

Sur le site du Parti Socialiste : http://www.parti-socialiste.fr/articles/un-bouclier-rural-pour-l-egalite-entre-les-territoires