samedi 17 octobre 2009

Salaire maximum : la décence minimum

Coauteur d’un essai intitulé « Recherche le peuple désespérément », Jean-Philippe Huelin nous explique les évolutions de la gauche sur la question du salaire maximum. Y-aura-t-il un candidat pour porter ce projet en 2012?

Ce jeudi 15 octobre, le groupe socialiste défendra à l’Assemblée nationale une proposition de loi instaurant un salaire maximum. Ce texte prévoit que les entreprises aidées par l’Etat voient le salaire de leurs dirigeants plafonné à vingt-cinq fois le salaire minimum pratiqué à l’intérieur de l’entreprise et que, dans les autres entreprises, un écart de rémunérations entre les salaires minimum et maximum soit fixé par l’Assemblée Générale des actionnaires.

On peut néanmoins avoir déjà une idée de la teneur des débats à la lumière de l’accueil réservé au texte en commission des lois le 7 octobre dernier : l’UMP a repoussé tous les articles de la proposition de loi socialiste à l’exception du deuxième qui prévoit la création d’un «comité des rémunérations » dans chaque entreprise, mesure avancée dans le rapport Houillon (UMP) rendu public en juillet dernier. On constate que sur cette question, et malgré les discours du Président de la République, la droite reste prisonnière du néolibéralisme…et du Medef.

Pour autant, sur ce thème du « salaire maximum », le PS revient de loin et s’en saisit alors qu’il l’a laissé en jachère depuis le début de la crise financière. Dans un premier temps, seuls Marie-Noëlle Lienemann et Jean Glavany avaient signé la pétition initiée par Marianne au printemps dernier. Depuis, ils ont été rejoints par Guillaume Bachelay et Jean-Louis Bianco. Les choses se sont accélérées très récemment, sous la pression d’Alain Vidalies, pour que cette proposition de loi soit soutenue par les principaux dirigeants du parti et du groupe.

En avril dernier, les deux députés du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez et Jacques Desallangre, avaient les premiers fait une proposition de loi qui fixait un salaire maximum à vingt fois le salaire minimum. Le Front de gauche avait ensuite su reprendre cette proposition et la médiatiser au cours de la campagne européenne, tout comme la liste Europe-écologie, aiguillonnée par le collectif « Sauvons les riches », qui voulait porter un revenu maximum autorisé et européen de 44 000 euros par mois. La jeune députée européenne Karima Delli l’a annoncé clairement : « on se donne dix ans pour réussir !» Même le MoDem de François Bayrou embraye sur le salaire maximum en le reprenant dans ses propositions.

Finalement, la cause du salaire maximum se porte bien : 4000 signataires de l’appel lancé par Marianne auquel il faut ajouter les 2000 de la pétition du mouvement Utopia, des partis politiques qui se saisissent progressivement du problème, des citoyens qui se regroupent sur Internet (groupes facebook, Ministère de la fraternité…etc). Le combat culturel doit se poursuivre et s’intensifier dans les mois qui viennent. Avec un peu de persévérance (et de chance), le salaire maximum pourrait être une mesure-phare d’un candidat qui voudrait battre Nicolas Sarkozy en 2012…

Retrouver le dossier sur le site "Pour un salaire maximum"

http://www.marianne2.fr/Salaire-maximum-la-decence-minimum_a182435.html

mardi 13 octobre 2009

A lire sans faute: Recherche peuple désespérément

Exclusif. Dans un livre qui, espérons-le fera date, deux intellectuels socialistes montrent comment, depuis trente ans, la classe ouvrière, loin de disparaître, s'éloigne des villes et des banlieues pour s'installer dans des zones peri-urbaines ou rurales, et comment une certaine gauche médiatique persiste à l'ignorer, parfois au prix d'une prolophobie de plus en plus évidente.

Amis lecteurs, le livre dont nous publions quelques extraits ci-dessous n'est pas comme les autres. Publié par Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, respectivement docteur en sciences politique et professeur d'histoire-géographie, il prolonge bien des analyses et des combats menés par Marianne depuis douze ans. Mais surtout il les éclaire d'un jour nouveau, « géo-sociologique ».

Ce peuple que la gauche et les modernes tiennent pour résiduel depuis vingt ans, existe toujours : le nombre d'ouvriers a baissé, mais très peu, et celui d'employés a augmenté. Mais la mondialisation a obligé les uns comme els autres à muter, à bouger toujours plus loin de ces centre-villes devenus les territoires de la nouvelle bourgeoisie que seuls ses domestiques de divers ordres (valets, femmes de ménage, promeneurs de chiens, précepteurs, babysitters) peuvent encore approcher.

Une mutation sociale politique s'est effectuée sous nos yeux sans que personne n'en rende compte dans la sphère médiatique ou même intellectuelle : le poids des ouvriers ne cesse de monter dans les département dits « ruraux ». L'inflation immobilière a poussé les ouvriers et employés à s'éloigner des villes pour payer moins cher leur logement, quitte à dépenser un budget considérable dans les déplacements.

Or, cette population prolétaire fixée à la campagne est de plus en plus abandonnée, voire méprisée par la gauche et par les médias. Elle a d'abord constitué la première force de frappe du non au Traité constitutionnel européen, où, rappelons-le, les salariés gagnant entre 1000 et 2000 euros ont été 65% à voter non. La géographie électorale du non au TCE colle très bien à la thèse des auteurs : en desssous de 500 habitants, le non y atteind presque 60%; entre 500 et 9 000 habitants, il est de 55 à 59%; le oui n'est majoritaire que dans les villes depuis de 100 000 habitants. Or, cet espace urbain est devenu le bastion de la gauche et du PS.

Cette France rurale et péri-urbaine est la principale prise de guerre électorale de Nicolas Sarkozy qui a permis sa victoire en 2007. Que le PS et la gauche continuent à l'ignorer, qu'ils sanctifient, par exemple, Frédéric Mitterrand et pourchassent Benoît Hamon et ils mettront toutes leurs chances de leur côté pour subir une nouvelle raclée en 2012. Voilà pourquoi il faut lire et faire lire le livre de Gaël Brustier et Philippe Huelin.

EXTRAITS DU LIVRE RECHERCHE PEUPLE DESESPERMENT

À l’heure de la crise pétrolière et de la crise des subprimes, l’habitat en pavillon périurbain expose à une fragilité finan-cière des populations nouvellement accédantes à la propriété déjà en situation de fragilité économique (précarisation de l’emploi, surendettement...). Quand le remboursement du pavillon compte pour un tiers du budget et l’automobile pour un quart, il ne reste pas grand-chose pour vivre. C’est ainsi que ce que les médias appellent la crise des banlieues, dont la visibilité est plus aisée, cache en réalité une crise beaucoup plus grave et profonde qui a commencé à se manifester par la voie du vote. Alors que le candidat Sarkozy a su capter une bonne partie de l’électorat périurbain, la gauche doit en grande partie ses défaites de2002 et 2007 à son incompréhension des désirs du monde pavillonnaire. Le périurbain vaut mieux que les caricatures dressées par les élites urbaines.

La gauche serait bien inspirée de se pencher sur cette colère populaire qui monte face à la relégation territoriale et sociale. La crise risque d’être aiguë quand le pavillon, «abri antiglobalisation», se transformera en traquenard social. Confortablement calé dans ses certitudes, le commentateur dispense son analyse des victoires de la droite dans les zones rurales comme une reproduction du vieux schéma électoral du XIXe siècle, celui qui voyait les paysans français porter Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, élire l’Assemblée de Versailles en 1871 puis la Chambre introuvable de 1919... Il y eut certes des paysanneries progressistes, essentiellement dans le centre de la France, du Bourbonnais au Limousin, mais il est vrai que, pour l’essentiel, la paysannerie était conservatrice. Depuis, le monde rural s’est profondément recomposé. La France rurale d’aujourd’hui est beaucoup moins une France paysanne qu’une France des oubliés, une France d’ouvriers et d’employés plus qu’une France d’agriculteurs.

De la prolophobie en milieu éditorial

Dans l’«espace à dominante rurale», les ouvriers forment 34,7% des actifs en 1998 alors que les agriculteurs n’en rassemblent quant à eux que 8,6%. De jeunes couples sont venus s’installer dans des zones rurales et en ont changé le visage. À quelques exceptions près, les sciences sociales ont délaissé l’étude des mondes ruraux. «Reliquats d’un avant» ces espaces sociaux, pourtant riches d’enseignements, sont ignorés tant par les médias que par le monde politique. Un étrange cocktail fait de stigmatisation et de bien-pensance renvoie invariablement ces espaces aux clichés les plus éculés: arriération, racisme, alcoolisme, rejet de la modernité, conservatisme et conformisme. Il y a derrière ces clichés une forme de prolophobie de la part d’une partie des élites françaises.

La montée du vote FN dans les campagnes sous dépendance des villes ou le vote proprement rural sous la bannière de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT) n’ont fait qu’aviver ce mépris des médias et des politiques qui n’en sont pas issus. Ce sont des zones qui connaissent aussi la violence, mais c’est une forme de violence sociale très souvent ignorée, qui peut s’observer dans les conditions de travail ou par la précarité de l’emploi. Un exemple flagrant traduit toute la complexité de ce que subissent les ruraux, les avis de décès de la presse régionale en témoignent: il s’agit des accidents de la route.

Entre les jeunes citadins et les jeunes ruraux, l’inégalité face à la violence routière est patente. Si «plus d’un Français de 15 à 24ans sur trois vit à la campagne», on ignore délibérément ce gros tiers de la jeunesse française, on ignore ses angoisses et ce qu’elle subit. Cette catégorie de population a résisté à la «mutation spectaculaire des pratiques routières»: la baisse du nombre de tués sur les routes. Ainsi, quand en 2004 on assiste à une nouvelle baisse du nombre de décès liés aux accidents automobiles, les «18-24ans, et eux seuls, ont vu leur nombre de tués augmenter».

Les chiffres sont éloquents: 93% des accidents mortels ont été le fait de conducteurs masculins, 73% des cas sont des accidents s’étant déroulés en rase campagne, 30% des accidents mortels sont dus à l’alcool, 70% ont eu lieu la nuit et 46% le week-end.

Un phénomène méconnu : l'exode urbain

Si les statistiques sont encore imprécises, on peut sans peine établir que les accidents concernent, d’un point de vue empirique, davantage les jeunes ouvriers ruraux. Pourquoi? Très certainement parce qu’ils sont soumis à des cadences de travail harassantes et à de longs trajets domicile/travail avec des véhicules moins bien équipés que ceux des gens plus riches. Les jeunes ruraux expulseraient par leur comportement routier une violence subie au travail; la voiture serait le biais par lequel les «valeurs masculines» consoleraient ces jeunes soumis à la dureté du système économique.

Il y a, en France, un prolétariat rural, des ouvriers ruraux. Le statut d’ouvrier concerne plus de 60% des hommes ruraux actifs (contre 44% des citadins) et 18% des femmes rurales actives (contre 9% des urbaines). Le monde ouvrier tend à devenir de plus en plus rural consécutivement à la mutation des villes et au phénomène de délocalisation industrielle qui a frappé les pôles urbains bien avant que l’on ne parle des délocalisations vers l’Asie...
En effet, au cours des années 1990, le mouvement d’exode rural issu de la Révolution industrielle s’est inversé: 75% des cantons ruraux ont un solde migratoire positif, on peut donc parler d’exode urbain qui concerne des ménages modestes et souvent exclus du monde du travail. On perçoit par exemple cette évolution dans l’explosion du nombre des bénéficiaires du RMI dans les départements ruraux.

Philippe Cohen
http://www.marianne2.fr/A-lire-sans-faute-Recherche-peuple-desesperement_a182413.html

samedi 10 octobre 2009

Ce que parler aux «nuls» veut dire, par Gaël Brustier

Photographié en caleçon de bain par des paparazzi en pleine lecture de L’Histoire de France pour les nuls, M. François Hollande, alors premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a fait, en 2006, une publicité involontaire à la série de livres «pour les nuls».

Créée aux Etats-Unis, cette collection a bénéficié, au début des années 1990, de l’engouement des ménages pour l’informatique, avec son premier volume DOS for Dummies. Elle existe aujourd’hui dans de nombreux pays : Espagne, Bulgarie, Chine, Royaume-Uni, Pays-Bas, Estonie, Allemagne, Grèce, Portugal, Russie et Serbie. En France, les droits en sont achetés par les éditions First en 2000. Avec Le PC pour les nuls et L’Internet pour les nuls, elles rencontrent un succès immédiat. Mais, habile, la maison d’édition parisienne décide de traiter d’autres sujets, liés à la vie quotidienne : Payer moins d’impôts pour les nuls, Relancez votre couple pour les nuls, La Bible pour les nuls ou, pour les moins chanceux des «nuls», Le Diabète pour les nuls, dont le très relatif succès aurait éloigné les éditions First des sujets médicaux.

La collection est souvent plaisante, bien construite et agréable à lire. «Nous voulons déculpabiliser les lecteurs, déclare son directeur Vincent Barbare. Nous partons du principe qu’aucun sujet n’est compliqué a priori. Mais la règle est de ne jamais se cacher derrière un ton léger, le sérieux prime. Il faut aussi un talent d’écriture, le sens de l’humour .» Selon son patron, la collection serait rien moins que le pendant grand public de la très universitaire collection «Que sais-je ?».

Coup de maître, L’Histoire de France pour les nuls se révèle un succès commercial hors du commun avec sept cent mille exemplaires vendus en 2006. Ce choix correspond à la volonté de publier aussi des créations françaises, et non plus seulement des traductions. A partir de cette date, l’éditeur n’hésite plus à aborder des sujets politiques avec, en 2007, La Politique pour les nuls. En 2008, deux millions d’ouvrages de la collection ont été écoulés, consacrant l’une des (...)

Retrouvez la version intégrale de cet article en dernière page du Monde diplomatique actuellement en kiosques.

dimanche 4 octobre 2009

Tête de liste régionale : résultats

Voici deux articles de "L'Est républicain" du 3 octobre 2009 :

vendredi 2 octobre 2009

Communiqué de presse

Je tiens d’abord à féliciter Marie-Guite Dufay. Le rassemblement de tous les socialistes se fera autour d’une volonté commune de faire reculer le rouleau-compresseur néolibéral.

Je veux aussi remercier chaleureusement les militants qui ont voté pour moi ainsi que tous les sympathisants de gauche qui m’ont témoigné de leur soutien. Modeste « candidat du débat », mon score approche voire dépasse les 10% dans les fédérations où j’ai eu la chance de pouvoir m’exprimer. Sans le soutien public d’aucun élu local, j’ai essayé de porter une vision ambitieuse et renouvelée de l’idéal socialiste. Les combats d’idées ne sont jamais vains…

Je constate ce matin avec intérêt que certains sondages montrent que, pour nos concitoyens, les enjeux nationaux sont tout aussi importants que les enjeux locaux dans cette campagne régionale (ils le sont plus chez les sympathisants de gauche). Il est évident que la préparation des victoires de 2012 passe par celles de 2010.

Nul doute enfin que nous devrons, collectivement, apporter des solutions à la désespérance sociale chaque jour plus grande en Franche-Comté comme ailleurs dans notre pays. Pour ma part, je continuerai à y travailler.

jeudi 1 octobre 2009

Mes chers camarades du PS...

C'est la fable de la mouche et de la batte de base-ball...


Précision :
Lors du scrutin interne pour la désignation du candidat socialiste à l'élection cantonale de Lons-Sud, j'ai rassemblé 7 voix sur 22 votes exprimés soit 32 %. C'est pas mal, un tiers pour un Lédonien de branchage contre un Lédonien de souche !
Par ailleurs, je n'ai jamais disputé la tête de liste municipale. Christophe Perny était seul en lice. Ce dernier m'a bien proposé la 5ème place sur la liste de gauche... comme à une demi-douzaine de camarades socialistes ! Dans ces conditions j'ai préféré rester en retrait.

mardi 29 septembre 2009

Série sur l’impossible rénovation interne du PS (4) : la démocratie interne

Les récentes affaires d’élections internes truquées ne semblent pas inquiéter plus que cela certains dirigeants du PS. On aurait pu s’attendre à une volonté très stricte d’application des textes en vigueur pour que les votes du 1er octobre prochain ne soient entachés d’aucune irrégularité. Il fallait sans doute beaucoup de naïveté pour penser que nos barons locaux joueraient le jeu de la démocratie interne à armes égales avec certains candidats jugés indésirables.

Cela n’a rien à voir avec des hold-uPS devenus célèbres. Cela se passe en Franche-Comté où il n’y a aucun réel enjeu si ce n’est la capacité d’un appareil politique à respecter l’équité entre les candidats au poste de premier des socialistes sur la liste régionale. Cette campagne ne fut pas totalement exemplaire. Je peux en témoigner, je suis candidat face à la présidente sortante du Conseil Régional…

Cela a commencé avec une profession de foi envoyée par la présidente sortante à tous les militants de la région AVANT le début de la campagne interne. Premier manquement à l’article 6.3 du règlement intérieur.

Cela s’est poursuivi avec l’absence d’Assemblée Générale des militants dans deux des quatre fédérations de la région (le Territoire-de-Belfort et la Haute-Saône). Manifestement, à la présidence du Conseil Régional, cela n’a gêné personne que la moitié des fédérations ne respecte toujours pas l’article 6.3. Deuxième manquement.

Dois-je ajouter à cela que le secrétariat national aux élections du PS, bien qu’averti rapidement de ces irrégularités manifestes, n’a pas cru bon d’intervenir auprès des premiers fédéraux concernés pour exiger d’eux l’équité de traitement entre les candidats.

Décidément, on saute comme des cabris, côté cour, pour faire croire à la rénovation (le vote sur le questionnaire a lieu le même soir) alors que côté jardin, on continue les petits arrangements minables avec le règlement intérieur. Ainsi va le PS…


Règlement intérieur du Parti socialiste.
Titre 6 : Modalités d’organisation des débats internes et des votes.
Article 6.3 : moyens mis à disposition

Durant tout le temps de la campagne interne, dont les délais sont fixés par le Conseil national, les parties en présence doivent avoir un égal accès aux publications et aux sites Internet fédéraux. Ils doivent notamment pouvoir y diffuser les informations relatives aux différentes réunions nationales, départementales et locales organisées dans le cadre de la campagne interne. Les modalités d’édition des supports fédéraux demeurent sous la responsabilité des Premiers secrétaires fédéraux, qui doivent proposer aux commissions fédérales un traitement équitable des informations, soit dans les publications régulières de la fédération, soit dans une édition ou un support spécifique. (…)

Avant le vote dans les sections, la commission fédérale doit organiser au moins une soirée départementale de débat contradictoire. La fédération doit en avertir les adhérents au moins deux semaines à l’avance et transmettre la date retenue au secrétariat national aux fédérations, pour permettre aux différentes parties de prévoir la participation d’un représentant. Durant le débat, les règles de stricte égalité doivent être respectées. Pendant toute la période de campagne interne, la règle de libre circulation dans chaque fédération et chaque section des orateurs désignés par chaque partie doit être respectée, dès lors qu’il s’agit d’adhérents du Parti socialiste.

Ce papier a été publié sur Marianne2 : http://www.marianne2.fr/PS-petits-arrangements-entre-amis-socialistes_a182264.html

Série sur l'impossible rénovation interne du PS (3) : le renouvellement générationnel et social

Les dirigeants du PS auraient bien pu attendre encore quelques semaines pour préparer en profondeur une véritable rénovation, ils auraient ainsi pu éviter quelques approximations bien dangereuses. Cela attend depuis 10 ans, on n’en est plus à quinze jours près ! Il est vrai que la direction a aimablement répondu à la demande pressante des présidents sortants de conseils régionaux qui craignaient la douche froide d’une participation interne ridicule sans ce providentiel questionnaire. La rénovation du PS sous les fourches caudines des barons ! Ça commençait bien !

Le résultat n’est guère à la hauteur de nos espérances : plus on avance dans ce questionnaire moins c’est clair. La 1ère partie concerne les primaires, j’y suis favorable, les questions sont limpides, la réponse des militants le sera sans doute. La 2ème partie concerne le non-cumul, j’ai déjà dit à quel point ces propositions ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux. Les 4ème et 5ème questions ne concernent en fait que les « solferinologues », ces chercheurs du temps passé, cousins des kremlinologues, et qui seront comme eux sans doute au chômage dans dix ans. Passons, aucun intérêt.

Reste la 3ème partie fourre-tout intitulée « La parité, les diversités, les outremers et le renouvellement générationnel ». Derrière cet inventaire à la Prévert se cache un reniement général : l’égalité républicaine. Je ne reviendrai pas sur le débat concernant la parité pour lequel j’ai la même analyse qu’Elisabeth Badinter. L’ambigüité de la question 3.3 est un modèle de jésuitisme : « Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société française, et pour cela, en réservant si nécessaire, des circonscriptions électorales ? »

J’y joins le commentaire de la commission rédactrice, il vaut son pesant de cacahuètes : « Il faut aussi créer les conditions d’assurer en notre sein la diversité, au sens le plus large du terme, sans instaurer de quotas, en visant l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés du secteur privé…, qui sont aujourd’hui sous-représentés parmi les responsables et les élus de notre Parti. Il s’agit aussi de préparer aujourd’hui une nouvelle génération à exercer demain les responsabilités. L’expérience nous a appris que nous ne pouvions réussir qu’en s’y prenant suffisamment tôt et en réservant des cantons ou des circonscriptions pour mettre en application nos principes. »

L’ordre des « diversités » a-t-elle une importance ? Hier les femmes ; aujourd’hui, les immigrés, les ouvriers et les agriculteurs ; demain les homosexuels, les collectionneurs de timbres, les concierges à la retraite ? Tout cela est RIDICULE ! Jusqu’à quand le PS va-t-il se fourvoyer dans ce détricotage de l’égalitarisme républicain ? Quelle peut-être la légitimité d'un élu de la République quand il est en mission de représentation de telle ou telle communauté, mission obtenue grâce à je ne sais quel statut « de membre issu d’une des diversités françaises » ? Je trouve cela très méprisant pour eux. Ce fractionnement « génétique » de la population française me parait dangereux. Seule une profonde réforme sur le cumul des mandats, c’est-à-dire le mandat unique, peut apporter une respiration républicaine à notre parti au bord de l’asphyxie générationnelle et sociale. Le reste n’est que miroir aux alouettes !

lundi 28 septembre 2009

« Les Gens d’abord ! » : mais qui sont « les gens » ?

Les mots ont-ils encore un sens pour certains dirigeants socialistes ? On peut en effet se poser la question en voyant certains slogans (voir ci-contre) ou en écoutant certains discours prétendant vouloir « protéger les gens ». On a bien changé d’époque, aux « citoyens », « travailleurs », « ouvriers » ou « camarades » a succédé une forme dégradée du plus droitier « particuliers ». Par là-même, on évacue toute référence aux classes sociales dans la structuration du langage et donc de la pensée politique.

Lorsqu’une fédération socialiste, celle de Haute-Marne en l’occurrence, adopte le slogan « Les Gens d’abord » pour s’opposer à Nicolas Sarkozy, on comprend le chemin qu’il reste à parcourir pour reconquérir les classes populaires… Quand on veut « protéger les gens » en refusant de parler de protectionnisme, serait-il même européen, on joue les dames patronnesses contre les rapports de force ou plus fondamentalement le paternalisme contre le socialisme.

Si la gauche s’occupe de défendre les « gens », c’est qu’elle ne défend plus personne, voilà, en substance, ce que pensent beaucoup de citoyens. A ce vide de la pensée, il faut opposer l’analyse de la société et la constitution d’une stratégie nouvelle.

dimanche 27 septembre 2009

Profession de foi de Jean-Philippe Huelin, candidat au poste de premier des socialistes de la liste régionale en Franche-Comté


Assemblée Générale des militants jurassiens, Lons le 24 septembre

Notre Parti Socialiste est en crise, profonde, durable. La question du sens de notre engagement socialiste me semble être la question prioritaire à laquelle nous devons répondre. Il faut enfin sortir du théâtre d’ombres : nous proclamons défendre des couches populaires qui ne votent plus guère pour nous, voilà le problème. Le sens de ma candidature est d’apporter des éléments de solution.

1) Présentation personnelle

Je suis un enfant de la Franche-Comté : natif du Doubs, après une enfance passée dans le Territoire-de-Belfort, je suis actuellement professeur d’histoire-géographie dans le Jura. J’ai 30 ans dont 10 ans de militantisme à gauche : 6 ans au MDC et 4 ans au PS. J’ai eu l’occasion de tout faire : distribuer des tracts, coller des affiches, organiser une section locale, participer à un secrétariat fédéral, à une direction nationale, composer des tracts, des argumentaires, des discours, des tribunes…

Longtemps dans l’ombre, je contribue publiquement au débat depuis 2 ans : écriture de tribunes dans la presse nationale, lancement d’un cercle de réflexion sous le patronage de Jean-Jaurès à Lons-le-Saunier, création d’un blog politique « Pour un salaire maximum », écriture d’un livre qui sortira très prochainement intitulé « Recherche le peuple désespérément », mes activités politiques sont nombreuses.
Ma candidature est à la fois pleine de prétention (je m’excuse de ne pas être élu mais, que voulez-vous, on commence tous par là !) et pleine de respect et d’humilité pour ce grand parti socialiste si mal en point. Par éthique personnelle, j’ai repoussé toutes les demandes d’entretiens avec la presse depuis ma déclaration de candida-ture : une élection interne doit le rester par respect pour les militants.

2) Rénovation interne

Notre parti a bien besoin d’une rénovation en profondeur, pas seulement de procla-mation mais de réalisation immédiate. En devenant tous rénovateurs, nous avons oublié pourquoi il fallait rénover le PS ; nous devons en effet le faire pour retrouver la confiance du peuple, confiance que nous avons perdue au pouvoir en revenant sur nos engagements socialistes.

Je soutiens l’ensemble du questionnaire proposé aux militants le 1er octobre prochain mais je garde un goût d’inachevé : oui les primaires sont indispensables mais nous n’allons pas assez loin sur le non-cumul des mandats. Je suis un partisan du mandat unique et je souhaiterais que le PS franc-comtois montre le chemin en n’acceptant pas de cumulards sur ses listes lors de ces élections régionales. De même le renouvellement ne peut pas se limiter à l’incantation à une certaine « diversité » : que les élus sortants soient placés en second rideau me paraîtrait un sain principe d’émulation pour tirer nos listes vers le haut.

3) Stratégie socialiste

Avant d’aller au combat, il nous faudrait une stratégie pour gagner. Aujourd’hui, et encore plus depuis les européennes, le PS apparaît comme un parti en déclin, notre statut de principal parti à gauche est remis en cause. Nos partenaires Verts ont choisi l’autonomie au 1er tour, ils auraient eu tort de ne pas le faire. Ils nous obligent à relever le gant ; nous avons plus que jamais besoin de l’épreuve du feu électorale pour mériter notre prééminence à gauche. Soit nous trouverons en nous, dans notre idéal socialiste, dans notre souci de justice et de fraternité, des ressorts pour convaincre l’électorat, soit nous deviendrons une sorte de naine blanche, ces étoiles qui brillent encore alors qu’elles sont mortes. Brillant par le lustre de nos élus locaux, nous aurions péri par notre incapacité à faire valoir nationalement notre vi-sion du monde.

Pour moi, les régionales sont des élections nationales car elles seront le dernier test politique avant 2012. Comme en 2004, il faut réussir à nationaliser ce scrutin si nous voulons l’emporter. C’est une étape nécessaire vers la prise du pouvoir d’Etat dès 2012. Nous arrivons au bout du cycle que j’aime à appeler : « Démissionner global, panser local » : cette répartition perverse et provisoire des responsabilités entre une droite qui frappe le plus grand nombre et une gauche qui soigne les plaies. Demain, la droite peut tout reprendre et d’abord bon nombre de régions…

Il ne faut pas se laisser abuser par des débats inutiles sur les accords d’appareils. Le vote MoDem comme le vote Europe-écologie est un vote hyper-urbain rassemblant des couches sociales plutôt supérieures à qui il arrive de voter PS aux municipales. Mais cette France-là, n’est pas majoritaire. Elle vote Oui quand la France dit Non, elle vote Royal quand la France vote Sarkozy ! Il y avait 19 millions d’abstentionnistes aux européennes, surtout parmi les couches populaires périphé-riques, ce sont elles que nous devons aller convaincre !

4) S’adresser aux couches populaires

Nous vivons dans un parti qui entretient l’image d’un peuple mythique, qui n’existe plus en réalité. Nous ne sommes plus dans les années 70, la société française a été touchée de plein fouet par la mondialisation néolibérale qui a cassé l’espérance des classes moyennes qui ont aujourd’hui disparu. Nous n’avons plus que des gagnants de la globalisation, toujours plus riches et des perdants de plus en plus nombreux. Il faut donc revenir auprès des couches populaires, cette France périphérique (périurbaine et rurale) dont seul Sarkozy semble parler.

Ces couches populaires (ouvriers et employés) représentent encore 60% de la population active, plus sans doute dans notre région. Elles connaissent la stagnation des salaires, la précarisation du travail, le chômage, la hausse des cadences, le déclassement, le descenseur social pour leurs enfants… A qui la gauche doit-elle parler sinon à cette France-là ?

5) Répondre à leurs problèmes

Nous devons d’abord cesser l’hypocrisie de dire incessamment que l’Etat ne peut rien contre la mondialisation néolibérale et faire croire, les régionales venues, que notre région luttera. Notre région ne pourra pas grand-chose, il faut le reconnaître, mais ces élections sont un test, le dernier avant 2012, pour montrer à cette France qui souffre qu’une véritable politique alternative est possible à gauche.

Mais pour cela, il faudra être clair : ce sera Pascal Lamy, membre du PS et directeur de l’OMC, qui défend le libre-échange à tout va ou l’économiste Emmanuel Todd qui prône un protectionnisme européen. Comment assister béat à la désindustrialisation de notre pays et de notre région ? Je le refuse et je crois que la Franche-Comté, parce qu’elle est une des premières régions industrielles françaises doit mener « institutionnellement » le combat pour la préservation de notre outil de travail, pour vivre et travailler au pays, comme on ne dit plus. Toutes nos politiques régionales doivent être mises au service de cette main tendue aux couches populaires, cette France qui souffre et qui n’en peut plus.

« La crise consiste justement dans le fait que
le vieux meurt et que le neuf ne peut pas naître » (Gramsci)

samedi 19 septembre 2009

Campagne interne

Je défendrai ma candidature au poste de premier des socialistes sur la liste régionale lors des 4 Assemblées fédérales des militants qui auront lieu :
  • le 24 septembre, au CARCOM de Lons-le-Saunier à 20h
  • le 25 septembre, à la salle de la Malcombe de Besançon à 20h
Les dates des AG des fédérations de Haute-Saône et du Territoire de Belfort ne m'ont pas encore été communiquées.

vendredi 18 septembre 2009

Le sens d’un engagement (et d’une candidature)

Ma candidature au poste de premier des socialistes de la liste régionale en Franche-Comté suscite une certaine curiosité. J’ai néanmoins choisi de ne répondre à aucune sollicitation médiatique pour une raison simple : il s’agit d’une campagne interne au Parti Socialiste et la moindre des corrections et de livrer mes motivations en primeur aux militants socialistes qui seuls trancheront.

Je me contenterai ici de présenter mon parcours politique et mes récentes publications dans la presse :

Né à Montbéliard il y a 30 ans, je suis originaire de Delle dans le Territoire de Belfort. Mon engagement politique a commencé à l’âge de vingt ans dans les rangs du Mouvement Des Citoyens. J’y ai rapidement acquis des responsabilités : secrétaire de la section de Delle, membre du secrétariat fédéral, responsable Grand-Est jeune de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement en 2002 puis enfin directeur de campagne législative de Jackie Drouet, candidat du Pôle Républicain dans la 1ère circonscription du Territoire de Belfort en 2002.

Eloigné de notre région pendant trois ans suite à une mutation professionnelle (je suis professeur d’histoire-géographie), j’ai eu l’occasion de faire campagne pour le « non » au Traité Constitutionnel Européen en 2005 dans le département du Var où j’ai adhéré au Parti Socialiste.

Revenu en Franche-Comté depuis la rentrée 2006, je suis professeur titulaire remplaçant dans le Jura. En politique, j’essaie d’allier le militantisme local à la réflexion plus générale. Dans le cadre du congrès de Reims, j’ai ainsi co-rédigé une contribution thématique sur l’influence de la mondialisation néolibérale dans les transformations de la sociologie française.

Depuis, j’ai beaucoup travaillé sur la déstructuration des couches populaires et sur les raisons de leur désamour avec notre parti. La réflexion portée par cette contribution s’est d’ailleurs poursuivie dans l’écriture à quatre mains d’un livre intitulé « Recherche le peuple désespérément », coécrit avec mon camarade Gaël Brustier et qui sortira le 15 octobre prochain chez Bourin éditeur.

J’ai eu l’occasion aussi de réfléchir à la situation de notre parti : de la spécialisation du PS dans les élections locales et des problèmes que cela entraine, à la déconfiture des récentes élections européennes qui s’expliquent, entre autres, par un décalage entre dirigeants socialistes et attentes populaires et par une absence de ligne suffisamment claire pour convaincre notre électorat « naturel ». Je pense que le PS doit revenir à ses fondamentaux pour retrouver le sens du peuple.

Soucieux du décalage toujours plus grand entre les élites urbaines et des couches populaires de plus en plus périphériques, j’ai dénoncé récemment les conditions d’application de la taxe carbone.

Depuis mes débuts au PS, je suis engagé dans son processus de rénovation. A cet égard, je défends la mise en place de primaires ouvertes et populaires de gauche car elles vont dans le sens du dialogue nécessaire entre formations et militants de gauche, chose que j’essaie de mettre en pratique à Lons-le-Saunier avec le « Cercle Jean-Jaurès » que je préside.

Par ailleurs, j’anime le site « Pour un salaire maximum », proposition qui pourrait permettre à la gauche de se retrouver sur une mesure symbolique mais concrète, aux antipodes de l’actuelle dérive néolibérale.

dimanche 13 septembre 2009

Série sur l'impossible rénovation interne du PS (2) : les primaires

Je vous propose une courte note de lecture du livre d'Olivier Ferrand et Arnaud Montebourg, Primaire, comment sauver la gauche.

Paru le 17 juin 2009, le rapport « pour des primaires ouvertes et populaires » rédigé par Olivier Ferrand et Arnaud Montebourg a, dans un premier temps, suscité peu de réactions. Ce n’est qu’au sortir de l’été, quand le fulminant député de Saône-et-Loire a menacé de quitter le PS s’il ne bougeait pas sur cette question que les primaires ont fait la une des médias et le devoir de rentrée des socialistes. Une fois de plus, le vent de la popularité sondagière a emporté les dernières réserves de la vieille garde solferinesque. Il est fort probable que les militants socialistes valident le 1er octobre prochain ce principe des primaires ouvertes sur lequel peu aurait parié il y a encore un an.

Pour les auteurs, ce n’est rien de moins qu’une révolution démocratique de la gauche, capable de sortir le PS de l’ornière politique dans laquelle il est embourbé depuis 2002. On peut douter de cette assertion sans pour autant négliger l’idée de primaires. La lecture de nouveau « petit livre rouge » finira d’ailleurs par emporter l’adhésion des plus sceptiques.

Après un retour sur les précédentes désignations des candidats socialistes à la présidence, les auteurs montrent les atouts (démocratisation du parti, engouement populaire) et les inconvénients (accès à la candidature très fermé, calendrier tardif, campagne courte et neutralisée, absence de moment fédérateur à l’issue du vote) de la dernière désignation interne de 2006.

Par la suite, la comparaison avec les modèles de primaires à l’étranger convainc de la nécessité de construire des primaires à la française qui s’inspirent plus de la primaire compétitive à l’américaine que de la primaire de légitimation à l’italienne ; pour une raison simple, nous n’avons pas de « leader naturel » à gauche aujourd’hui.

Quelles primaires à la française, alors ? Pour Ferrand et Montebourg, peu de doutes, elles doivent être ouvertes aux sympathisants, élargies à tous les partis de gauche qui le souhaitent avec un accès large à la candidature. Là où ils sont le moins affirmatif, cela concerne la procédure. Ils suggèrent en effet une primaire en deux phases : d’abord des éliminatoires puis un scrutin à deux tours. Les éliminatoires se dérouleraient en trois votes successifs sur la base de circonscriptions territoriales composés de dix départements limitrophes et différents à chaque vote, avec la nécessité pour le candidat de franchir la barre des 5% puis des 10% et enfin des 15% dans le troisième vote afin d’être qualifié pour la deuxième phase, celle du vote national à deux tours.

Si le procédé est complexe, il a le mérite d’entretenir une sorte de suspense sur une période assez longue ce qui oblige les candidats à dévoiler leur programme sans pouvoir rester dans une logique « d’image ».

Enfin, pour répondre à toutes les critiques, le dernier chapitre livre tous les arguments aux défenseurs du projet. Bref, un petit livre rondement mené qui répond largement à son objectif de départ : on est convaincu.

mardi 8 septembre 2009

Série sur l'impossible rénovation interne du PS (1) : le mandat unique

Ah, qu'il était beau le discours de clôture des Universités d'été de la Rochelle ! Ah, qu'il avait de la gueule ce projet de rénovation interne tant attendu ! Ah, que l'on attendait enfin, après la glaciation hollandaise, une véritable rénovation interne ! Las, depuis, on a appris que le non-cumul ne serait applicable qu'après les élections régionales et on a aussitôt compris que la consultation des militants prévue le 1er octobre n'avait pour seul but que de mobiliser des militants peu enclins, on les comprend, à venir entériner le choix des présidents de Conseils Régionaux sortants, qui ont tous, cela va de soi, un bon bilan, de repartir au charbon ! Honneur donc à ceux qui, comme Barbara Romagnan, continue de prêcher dans le désert des barons socialistes, dernière étape avant la mer ! ? (JPH)

La proposition formulée par Martine Aubry d'interdire le cumul des mandats au sein du Parti socialiste ne devrait s'appliquer qu'après les élections régionales, si jamais les militants y consentent. «N'y a-t-il pas le risque une nouvelle fois d'annoncer des propositions novatrices et de toujours de différer leur mise en œuvre?», s'inquiète Barbara Romagnan, conseillère générale PS du Doubs et docteure en sciences politiques.

Le discours de Martine Aubry à La Rochelle est encourageant, en particulier sa prise de position sur le mandat unique, outil essentiel de la rénovation du Parti socialiste et de la vie politique française, où 85% des députés et sénateurs détiennent un autre mandat électif. Cette décision est courageuse lorsqu'on connaît la pesanteur et la frilosité de certains sur cette question. En revanche, je m'inquiète du fait qu'elle propose que cela ne s'applique qu'après les élections régionales. N'y a-t-il pas le risque une nouvelle fois d'annoncer des propositions novatrices et de toujours de différer leur mise en œuvre ? N'y a-t-il pas le risque de renforcer ainsi le décalage entre les paroles et les actes, qui participe largement du discrédit des politiques ?

Avec le mandat unique, nous avons une occasion de traduire nos propos en actes sans attendre une prochaine hypothétique victoire en même temps que nous nous donnons les moyens de l'emporter aux élections à venir. En l'appliquant dès aujourd'hui pour la constitution de nos listes pour les élections régionales, c'est un véritable électro-choc que nous déclencherons, électro-choc sans doute indispensable pour remettre nos listes dans une logique de victoire, car nous savons bien que ces élections vont être très difficiles.

Premièrement, dans notre vision républicaine de la représentation, les élus n'ont pas de sexe, pas d'âge, pas d'appartenance sociale, pas d'origine, pas de couleur. Pourtant, notre parti - et les autres également - se ridiculise en payant des amendes parce que, ne respectant pas la parité hommes-femmes, il enfreint la loi qu'il avait lui-même fait voter. Si l'on exerce un seul mandat, au maximum trois fois de suite, cela libérera bien des places, et ne manquera pas de faire émerger de nouveaux candidats. Peut-être cela redonnera-t-il le goût de l'engagement et des responsabilités à ceux qui sont aujourd'hui éloignés de l'action collective. Notre parti mérite mieux qu'une moyenne d'âge supérieure à 55 ans, mieux que les maigres 5 % des moins de 30 ans, et beaucoup mieux que ces proportions anecdotiques en son sein d'ouvriers et de militants issus de la diversité.

Deuxièmement, le mandat unique pour les parlementaires, les présidents de Conseil général et de Conseil régional, et pour les maires des plus grandes villes, est une question de principe. Car, même si certains se sentent capables d'assumer 3 mandats, mieux que d'autres, un seul, nous sommes socialistes. Et, être socialiste, cela implique de partager le pouvoir, de la même manière que nous prônons le partage des richesses. C'est aussi une question de démocratie parce que tout le temps passé à autre chose qu'à son mandat est laissé aux services des collectivités ou de l'Etat. Mais les citoyens votent pour que leurs élus tranchent, décident, et non pas pour que les techniciens le fassent à leur place, quand bien même ils soient très compétents.

Troisièmement, c'est une question de crédibilité. Comment continuer à défendre l'idée qu'il est meilleur qu'une seule personne exerce deux mandats à la fois, plutôt que deux personnes ; travaillant ensemble en bonne intelligence, exerçant chacune un seul mandat ? Comment croire qu'un Président de Région ou de Département, qui serait en même temps parlementaire, remplirait mieux les tâches que lui ont confiées les citoyens, que deux personnes assumant chacune un de ces deux mandats ? Comment penser que le montant des indemnités des parlementaires, des Présidents de la plupart des collectivités territoriales ne justifieraient pas un engagement à plein temps pour chaque responsabilité ? C'est une question de crédibilité également parce que la perspective d'inscrire dans la loi une nouvelle limitation du cumul des mandats ne nous exonère pas de la responsabilité d'agir dès maintenant, de nous appliquer à nous-mêmes ce que nous prônons pour tous.

Le non cumul est une mesure qui ne coûte rien, qui est populaire, qui est salutaire pour la démocratie. Le non-cumul est aussi une façon de respecter nos concitoyens, en nous consacrant pleinement à la mission qu'ils nous confient. C'est également une formidable occasion d'ouvrir et de dynamiser notre démocratie. Alors pourquoi attendre ?

http://www.mediapart.fr/club/edition/article/010909/parti-socialiste-et-si-commencait-par-le-mandat-unique

samedi 15 août 2009

Socialistes, revenez à la maison ! par Jean-Philippe Huelin

L’initiative de Martine Aubry a fait un flop. Pour ses partenaires de gauche, la « vieille maison » est décidément trop fragile pour envisager toute extension. Ses piliers absents, le délabrement idéologique patent, ils ont renoncé à l’invitation dans cette «maison commune» de peur que le plafond ne leur tombe sur la tête ! On les comprend un peu tant cet empressement camoufle mal un certain déclin électoral du PS. Pour rassembler, mieux vaut faire envie que pitié!

Comment en est-on arrivé là? Beaucoup d’observateurs ont bien analysé cette étrange forme de lassitude réciproque entre les socialistes et son électorat populaire naturel ; ceux-ci n’étaient plus assez bien pour la nouvelle élite de gauche, ceux-là avaient trahi la promesse des fleurs de mai. Certes, mais ce progressif divorce n’aurait pu s’accomplir sans mythes de substitution destructeurs de l’idéal socialiste. J’entends par là la conversion des principaux dirigeants socialistes à la doxa des années 80: européisme et libre-échange sans parler du productivisme et de la promotion d’une culture petite-bourgeoise, déjà plus anciens. Il est inutile de fixer des responsabilités individuelles à cette dérive. Elle fut collective, tous ont plus ou moins trempé dans ce trouble bouillon de culture.

A tous les socialistes, les plus vieux comme les plus jeunes, les élus, les aspirants et les militants, à ceux qui sont encore volontaires pour continuer l’histoire et à ceux qui ne sont déjà pas trop blasés, j’ai envie de dire : Revenez à la maison ! Notre force pour changer le monde est dans notre histoire, dans nos racines, dans notre tradition. Les livres sont là, ils ne demandent qu’à être relus. Les pères fondateurs du socialisme sont plus modernes que jamais, il suffit de ne pas avoir honte d’eux!

Gramsci a montré la puissance des idées. Le combat politique est préalablement un combat culturel où il faut imposer ses idées dans le champ intellectuel et médiatique pour ensuite vaincre électoralement. Ce n’est pas en biaisant, en esquivant voire en renonçant à ses idées que l’on peut les imposer.Marx se friserait la moustache de notre crise actuelle. Ses réflexions sur le capitalisme qui tend à sa propre négation comme son analyse sociologique de l’affrontement politique en termes de classes sont d’une incroyable pertinence. Comment ne pas construire des réponses politiques à cette situation quand on se dit socialiste ? Jaurès qui définissait le socialisme comme «la République jusqu’au bout» doit revenir notre guide ; mais il ne suffirait pas, comme d’autres, de se servir de lui comme slogan: «Rallumer tous les soleils» n’est envisageable qui si l’on accepte de reconsidérer le peuple, de se réconcilier avec l’idée de Nation et de briser le cercle de l’exploitation.

Vaste programme d’études qui demande pourtant des compléments. On serait effectivement en droit d’attendre du PS qu’il se saisisse des questions idéologiques du moment posées en périphérie du socialisme et auxquelles le PS tourne, pour l’instant, ostensiblement le dos. Pensons à la question du protectionnisme européen défendue par Emmanuel Todd ou Jacques Sapir. Alors que le libre-échange est en train de désindustrialiser l’Europe, on ne peut pas rester les bras ballants sous couvert d’esprit d’ouverture, d’engagement européen ou de bons sentiments. On inviterait ici à la lecture des travaux de Régis Debray sur la nécessité pour toute communauté de se fixer une clôture. La limite est également une bonne entrée pour repenser la notion de croissance économique.

Qu’il est rafraichissant de voir fleurir des prises de position pour instituer un salaire maximum (pas encore de dirigeants socialistes mais gardons espoir…) d’entendre ces objecteurs de croissance lutter contre cette société de consommation autodestructrice. Pas de bonne conscience «bobo-écolo» ici mais une ferme envie d’inverser le sens de la machine. Leur décroissance ne devrait-elle pas être l’autre mot de notre socialisme? Comment ne pas terminer ce si rapide panorama sans morale socialiste. Le gros mot est lâché. Pourtant de Jaurès à Orwell, la morale ne faisait pas peur, au contraire, comme le montre la common decency, ce socialisme concret pratiqué par les milieux populaires, fondée sur des valeurs très simples (honnêteté, refus de la concurrence, convivialité) et revisité par Jean-Claude Michéa.

Revenir à la maison, c’est retisser les liens avec notre histoire socialiste. Seule la relecture des pères du socialisme nous permettra de remonter la pente car l’histoire nous a appris que les modernes sont ceux qui savent redonner de l’actualité au passé. La Renaissance du socialisme que nous voulons passe par là. Une fois ce travail intellectuel engagé, quand la maison socialiste ne sera plus la maison fantôme, quand ses actuels locataires n’auront plus honte de leurs devanciers, alors il sera plus facile de l’ouvrir à nos partenaires car le socle idéologique permettra toutes les fondations. On ne construit pas des châteaux sur du sable. Qui souhaiterait que la maison commune de la Gauche ressemble à une paillotte ?

Source : http://www.mediapart.fr/club/edition/article/140809/socialistes-revenez-la-maison