Le Progrès, 5 octobre 2014
lundi 6 octobre 2014
Vernissage de l'exposition "Lons-le-Saunier, années 50"
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mercredi 17 septembre 2014
MJC : ma réponse lors du Conseil municipal
Mes chers collègues,
Monsieur Duvernet,
Vous nous demandez à quelle date la Ville versera une subvention à la MJC. Comme nous l’avons dit aux principaux intéressés, les adhérents de la MJC, lors de l’AG du 19 juin dernier : la Ville ne subventionnera plus la MJC.
Cette décision est le résultat des échecs de la MJC. Un triple échec à vrai dire :
- Echec économique : déficit chronique, 15 000 € par an, déficit devenu structurel selon l’ancien trésorier de la MJC, dette de près de 150 000 euros au 31 décembre 2013
- Echec artistique : pas de projet associatif et donc plus de convention avec la Ville depuis le 1er janvier 2013, incapacité à travailler avec les autres établissements culturels du secteur, peu de visibilité dans le paysage culturel
- Echec social : 4% des adhérents habitent le quartier des Mouillères, 6.5% la ZUS, 12% seulement des adhérents font partie des couches populaires
Chacun jugera de la qualité de ce bilan. Vous le défendez, vous défendez ceux qui le portent, libre à vous. Le discernement n’est visiblement pas votre qualité première mais revenons à l’analyse politique qui sous-tend notre décision :
- Comment accepter ce flou, tant financier qu’artistique, à la MJC et être aussi exigeant que nous le sommes avec les autres associations culturelles qui, elles, travaillent dans la rigueur et la transparence ? La MJC prenait les deux tiers des subventions municipales dévolues à la culture. Faudrait-il être dur avec les plus petites associations et lâche avec les grosses ? Etrange conception de la justice de votre part…
- Vous évoquez, comme M. Gaffiot, l’ancienneté, l’histoire de la MJC. Mais depuis quand l’ancienneté serait-elle un facteur d’excuse ? Il faudrait accepter des anciens ce que l’on refuse aux plus jeunes ? Etrange conception de la justice une nouvelle fois…
- Vous invoquez une différence de traitement entre la MJC et la Maison commune, celle-ci étant présidé « par un élu de votre équipe » quand celle-là ne le serait pas. Dois-je vous rappeler que c’est le président du Conseil général, que vous soutenez, qui a suspendu la subvention du Conseil Général à la Maison commune quand Christophe Bois, qui n’était pas alors adjoint au maire, est devenu Président de cette association. Et pour cette seule raison ! Qui instrumente politiciennement les associations de Lons, Monsieur Duvernet ?
- Dois-je aussi évoquer les déclarations en public de l’ancien trésorier de la MJC qui préparait son « coup », contre la majorité municipale avant les dernières élections ? Doit-on le compter parmi les gens de votre coterie puisque vous avez pris le parti de classer ainsi les dirigeants d’associations ?
- Vous évoquez incessamment « l’éducation populaire », vous comme d’autres. Mais qu’est-ce que l’éducation populaire quand les classes populaires sont quasiment absentes de la MJC ? Vous faites de l’éducation populaire sans le peuple ? Etrange vision de la sociologie de notre pays…
- Dois-je enfin vous apprendre que vous défendez les choix d’une association qui a refusé de se rapprocher de la Maison commune, « parce que les familles n’ont rien à voir » toujours selon l’inénarrable ancien trésorier de la MJC : « Ils ont des QF 1, nous avons des QF 4, nous n’avons rien de commun ». Façon polie de dire que l’on ne peut pas mêler familles riches et familles pauvres. Est-ce cela votre conception de la mixité sociale ? Non, eh bien soyez cohérent car vous la défendez dans vos discours mais dans vos actes, c’est le séparatisme social que vous défendez. Pour nous, pour moi, c’est la mixité sociale qui doit être visée, c’était le but de la mutualisation MJC-Maison commune, ce sera la pierre angulaire des mutualisations auxquelles nous allons procéder dans les semaines à venir.
Annexes
1) Quotient familial des adhérents de la MJC
Source : document de travail, CA du 12 mai 2014
Enfants/Adultes, QF1/QF2 : 106 adhérents sur 868, soit 12%
2) Attractivité de la MJC dans la ZUS (2012-2013)
Source : rapport d’activités 2013, rendu public à l’AG du 19 juin 2014
Mouillères : 39 adhérents sur 958, soit 4% des adhérents
Marjorie : 25 adhérents, soit 2.6% des adhérents
ZUS : 64 adhérents, soit 6.6% des adhérents
jeudi 19 juin 2014
Lancement de "Tendance Jura"
Tendance Jura est une coopérative politique jurassienne. Elle rassemble des audacieux qui veulent inventer ensemble l’avenir du Jura. C’est une structure nouvelle, un lieu ouvert à toutes les personnes de bonne volonté.
Notre objectif est de penser, anticiper et préparer en commun un futur désirable pour notre département. Il faut en effet penser à la place des partis politiques qui trop souvent ne pensent plus rien. Il faut produire collectivement des idées nouvelles et inviter le maximum de personnes à produire ce contenu.
Cette prospective doit se fixer le cap d’une génération : A quoi veut-on que ressemble le Jura dans 20 ans ? Que faut-il faire pour y arriver ? Comment inventer un futur à la fois désirable et inattendu ?
Pour cela, et dans un premier temps, Tendance Jura va publier une série de livres sur des sujets variés. Ils seront les supports du débat départemental que nous voulons lancer.
Les trois premiers opuscules sont disponibles dès aujourd'hui en librairie et en kiosque partout dans le Jura :
Pour en savoir plus, une seule adresse : tendancejura.fr
Première recension sur Factuel
mercredi 14 mai 2014
La Marseillaise est un chant de guerre…et de liberté. Réponse à Lambert Wilson
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| Statue de Rouget de Lisle à Lons-le-Saunier |
Non, Monsieur Wilson, les paroles de la Marseillaise ne sont pas « épouvantables, sanguinaires, d'un autre temps, racistes et xénophobes » ! Non, ces paroles ne sont pas « d'un autre temps » ! La langue de Rabelais est-elle de notre temps ? La Marseillaise comme tout texte littéraire exige seulement un effort de recontextualisation de son écriture. Cet exercice ne devrait pas être impossible au grand lecteur qu’est Lambert Wilson !
Précisons-le donc une fois de plus, le « sang impur » de la Marseillaise n’est pas celui d’infâmes étrangers qui devraient rendre gorge d’avoir défié la Révolution française. Il est au contraire celui des jeunes citoyens français de l'an II qui peuvent enfin défendre leur patrie et mourir pour elle en versant leur « sang impur » comme disaient les nobles qui eux l'avaient « bleu ». Le peuple peut défendre sa nation, voilà tout ! Les révolutionnaires se sacrifient pour répandre la liberté en Europe contre les rois et les tyrans. La Marseillaise fut l’hymne de tous les opprimés du XXe siècle, de tous les peuples qui luttèrent pour leur liberté. Nulle xénophobie donc dans ce texte ! D’ailleurs un peu plus loin, Rouget de Lisle écrit :
« Français, en guerriers magnanimes
Portons ou retenons nos coups !
Épargnons ces tristes victimes,
A regret, s'armant contre nous ! »
Pour autant, le cri de Lambert Wilson contre notre hymne national semble dire autre chose. Il fait chorus avec toute une pensée médiatique et officielle, de la droite libérale à la gauche boboïsée, qui chantent les vertus de la diversité quand se pose la question de l’appartenance à une nation. En effet, il est d’autant plus difficile de s’intégrer à une nation pour des immigrés que les élites nationales daubent en permanence l’idée de nation. Or il clair que pour appartenir il faut chercher du commun, du lien. Contre l’atomisation du tout-individuel, la nation doit être un refuge où peut s’épanouir ce qui nous rassemble ; si ce n’est pas l’histoire, ce peut être des principes, des valeurs, des moments, des commémorations, des symboles, des chants…
De la Marseillaise, on peut toujours en lire les paroles ou la chanter seul mais sa force est dans le chœur et les cœurs qui se réunissent pour la chanter ensemble, ou l’écouter « religieusement ». Chant de guerre, elle est un cri de défense d’un « nous » contre un « eux ». Il est primordial de le rappeler. Sans l’armée de l’an II, pas d’application des droits de l’homme et du citoyen. Le Code n’est rien sans le Glaive. La Marseillaise est l’expression populaire de cet élan civique qui promeut la nation comme acteur de l’Histoire. A cet égard, on comprend mieux que, dans une France que d’aucuns veulent apaisée et presque endormie, les paroles de ce chant guerrier puissent écorcher des oreilles devenues trop sensibles.
Que certains, par provocation, entrainement ou aveuglement, la sifflent parfois lors de certaines rencontres footballistiques n’est qu’un des signes de sa vitalité. Que des élus ou des artistes méconnaissent à ce point les mots et l’histoire est plus gênant car l’amour de la patrie n’est jamais que l’accomplissement d’un parcours de connaissances et d’émotions pour chaque individu à qui l’on apprend à s’élever au rang de citoyen. Je pense que la Marseillaise participe toujours pleinement de cette ambition, tout du moins le devrait-elle.
Tribune reprise sur le site du Figaro
Tribune reprise sur le site du Figaro
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dimanche 30 mars 2014
Adjoint au maire de Lons chargé des politiques culturelles
lundi 3 mars 2014
Vidéo au musée de Lons
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Entretien à l'Hebdo 39
Jean-Philippe Huelin est professeur d’histoire-géographie au lycée Jean-Michel de Lons-le-Saunier. Ancien responsable national du MRC (Chevènement), il fut membre du Parti socialiste dans le Jura pendant six ans (2006-2012) et candidat à l’élection cantonale de Moirans-en-Montagne en 2011. Par ailleurs, co-auteur de deux essais politiques, « Recherche le peuple désespérément » (François Bourrin éditeur, 2009) et « Voyage au bout de la droite » (Mille et une nuits, 2011), il est aujourd’hui sur la liste de Jacques Pélissard à Lons-le-Saunier. Explications…
Sur les réseaux sociaux, certains de vos (ex ?) amis crient à l’opportunisme et pensent que c’est un règlement de compte contre les dirigeants socialistes jurassiens. Un communiqué de premier secrétaire fédéral du PS précise qu’ « aucun autre candidat présent sur une autre liste ne peut se prévaloir d’appartenir à notre famille politique. » Que leur répondez-vous ?
J’ai été formé à la politique par Jean-Pierre Chevènement. L’idée que je me fais donc de l’engagement politique est charpentée par son modèle. Je ne crains ni de déplaire, ni de prendre mes distances avec ceux dont je suis proche si je juge qu’ils s’égarent. Or le PS jurassien s’égare et tous ceux que je considère encore comme mes amis, malgré leurs critiques parfois acerbes, le savent très bien. J’aurais aimé ne pas être le seul, ou presque, à le dire au sein du PS jurassien. Je n’ai pas été entendu, j’en ai tiré les conséquences mais mes camarades ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas été prévenus…
Quitte à choquer ou surprendre, je me sens humainement et moralement plus proche du maire de Lons que du président du Conseil général et de ses suiveurs. Mais ce n’est pas en ma qualité de socialiste (non membre du PS) que Jacques Pélissard a fait appel à moi, il se moque des étiquettes et me reconnait une certaine valeur qui ferait de moi un élu en mesure d’apporter quelques chose à la collectivité. Sa confiance m’honore.
Mais votre attitude est une trahison pour la gauche ?
Parce que financer avec de l’argent public une compagnie low cost comme Ryanair qui exploite ses salariés et se fait condamner par la justice française pour travail dissimulé, le tout pour permettre aux plus aisés de partir en vacances au soleil pas cher alors que les plus modestes galèrent pour se chauffer ou pour trouver un emploi, c’est être de gauche ? Parce que préparer un pont d’or à Leclerc qui écrase les petits producteurs et cannibalise le petit commerce, pour faire sortir de terre au Rocher une zone commerciale de plus, inutile économiquement et dévoreuse de surface agricole, c’est être de gauche ?
Il a les paroles et il y a les actes. Jugeons les responsables politiques sur leurs actes. Il faut sortir de l’envoutement des étiquettes électorales qui ne veulent rien dire, surtout dans le Jura ! Quand un militant de gauche, sincère, en est à défendre l’imposture et l’incompétence au pouvoir sous prétexte que l’élu est « de gauche », c’est vraiment inquiétant ! Je compte sur la clairvoyance des électeurs lédoniens pour faire la différence entre la vraie et la fausse monnaie. Comme les Jurassiens, je préfère « les faiseurs aux diseurs ». Selon moi, Jacques Pélissard est un « faiseur », je laisse les « diseurs » à leur fiel et à leurs bassesses.
Je veux pourtant rassurer mes amis qui s’inquiètent pour moi. Je ne rejoins pas un candidat UMP. Je n'épouse pas toutes ses idées. Indépendant je suis, indépendant je resterai. Ma liberté n’a pas de prix n’ayant pas besoin de la politique pour vivre.
Comment s’est effectué votre rapprochement avec Jacques Pélissard ?
Jamais je n’ai projeté de devenir conseiller municipal à Lons ! Jacques Pélissard a pris contact avec moi. Nous nous sommes vu à plusieurs reprises, nous avons longuement échangé et nous avons constaté, avec une certaine surprise, nos convergences sur l’avenir du Jura et du bassin lédonien en particulier. Comme lui, je crois en la nécessité de construire des majorités d’idées. J’ai donc fait le choix de saisir sa main tendue.
Politiquement, je lui sais gré de ne pas avoir succombé à la droitisation de l’UMP. Il est resté gaulliste dans la mesure où il privilégie l’intérêt général sur les intérêts partisans. C’est ce qu’il fait en tant que président de l’Association des Maires de France où il ne s’est jamais laissé instrumenter à des fins partisanes.
C’est ce qu’il a fait à Lons où il a su s’appuyer sur une réalisation de l’équipe précédente (menée par un maire communiste), je veux parler du restaurant municipal, pour en faire une référence nationale. Cette réussite repose sur la confiance qu’il a su tisser avec un élu écologiste, Jacques Lançon, et les résultats sont là : assainissement des zones de captage d’eau, soutien aux producteurs et aux produits bio, regain des circuits courts.
Je veux aussi parler de la médiathèque-cinéma pour laquelle il a eu l’intelligence de suivre les conseils avisées de Christiane Ayats qui, elle aussi, fut brocardée par certaines personnes « de gauche », mais qui a la fierté d’avoir œuvré dans l’intérêt des Lédoniens.
Que voulez-vous apporter à la vie politique locale ?
Ma contribution vise d’abord à démontrer que l’on peut se retrouver, par delà des divergences nationales qui demeurent, pour les transcender et agir localement.
Notre démocratie est en crise. La nation, socle de cette démocratie, a été attaquée par l’alliance du marché et d’une idée européenne dévoyée en technostructure néolibérale. Leur ayant abandonné les leviers de commande de l’Etat, les représentants du peuple ont vu leur crédit largement amoindri. Aujourd’hui, la défiance entre le peuple et ses représentants est de plus en plus inquiétante or seuls les élus municipaux conservent cette confiance nécessaire à la stabilité de notre République. C’est donc par les communes et les intercommunalités, ces petites Républiques, ces briques de base de la démocratie, que l’on pourra reconstruire une démocratie assainie et revivifiée.
Pour Lons-le-Saunier, j’ai fait des propositions à Jacques Pélissard qui seront sans doute en partie reprise dans le programme de la liste. L’idée générale de tout ce que nous entreprendront devrait être de partir de nos acquis, de compter sur nos propres forces pour inventer un avenir désirable et plus humain. Je ne crois pas aux projets « soucoupe-volante », comme celui d’Eco-parc au Rocher, qui arriveraient du ciel et résoudraient toutes nos difficultés. C’est de la poudre aux yeux, ce n’est pas sérieux ! C’est aussi contre cette politique de l’esbroufe que je me suis entendu avec lui.
Il est plus que temps que les personnes de bonne volonté se rassemblent pour l’avenir du Jura. C’est la mission que nous nous sommes assignés avec mon camarade Arnaud Deborne. C’est à cela seul que je veux travailler.
Hebdo 39
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mercredi 26 février 2014
Pourquoi je saisis la main tendue par Jacques Pélissard
J'ai accepté la proposition de Jacques Pélissard de travailler avec lui à la mise en œuvre du projet municipal qu'il propose aux Lédoniens. Cette décision fait suite à une série d'entretiens qui nous ont permis d'échanger longuement et de constater nos convergences sur l'avenir du Jura et, plus précisément, de l'espace lédonien.
En socialiste indépendant et laïque, je préfère les démarches de rassemblement aux logiques sectaires. En républicain conséquent, je ne pouvais que saisir la main tendue d’un homme qui rassemble et qui continue de porter des projets d’avenir pour Lons-le-Saunier et son agglomération.
Je ne rejoins pas un candidat UMP. Je n'épouse pas toutes ses idées. Indépendant je suis, indépendant je resterai, tout en apportant ma pierre à cette « petite République » que constitue notre commune, dans le respect d’un collectif municipal et des engagements pris devant les électeurs.
Dans le cadre des élections municipales, il doit être encore possible de réfléchir ensemble à ce qui est important pour nos concitoyens et d’y apporter des solutions. A l’heure où la défiance envers les responsables politiques est inquiétante, je crois en la nécessité de construire des majorités d’idées qui redonnent la confiance nécessaire aux relations entre citoyens et représentants du peuple.
Jacques Pélissard est un homme intègre, droit et sage. Il peut être fier du bilan de son dernier mandat, dont les réalisations et les réussites sont nombreuses. Il possède une envergure politique nationale qui bénéficie à Lons-le-Saunier. Dans les rapports humains, j’apprécie son éthique. Je garde à l'esprit qu'il jouit d’une confiance qui dépasse les clivages politiques dans la population lédonienne. Ce n'est pas un hasard.
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jeudi 10 octobre 2013
Entretien dans l'Est républicain
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Revue de presse
mercredi 18 septembre 2013
Conférence à Belfort le 8 octobre
mercredi 13 février 2013
samedi 2 février 2013
Le vote FN chez les ouvriers, demande de protection ignorée des autres partis (fondation Jaurès)
PARIS, 10 jan 2013 (AFP) - - Les progrès du vote FN chez les ouvriers reflètent une "demande de protection" économique et sociale ignorée des autres partis politiques et la gauche doit pouvoir répondre aux "questions politiques" de "l'électorat populaire", écrit la Fondation Jean Jaurès.
"La montée du vote FN chez les ouvriers traduit une demande de protection - physique, économique, sociale et nationale - non prise en compte dans l'offre politique des autres partis politiques. Il n'est pas étonnant que, étant la seule sur ce créneau électoral, Marine Le Pen prospère", écrit Jean-Philippe Huelin, l'auteur de la note "Où en est le vote ouvrier?".
"A l'heure où le discrédit des hommes politiques augmente (...) son discours sur la sécurité, sur la sortie de l'euro (...), sur la mondialisation (avec les déclarations selon lesquelles la France doit +se protéger davantage+) colle avec une opinion publique, particulièrement au sein du monde ouvrier, en demande de protection à tous les niveaux", poursuit la note.
Jean-Philippe Huelin relève que tous les instituts de sondages ont placé en tête au premier tour de la présidentielle, chez les ouvriers, Marine Le Pen (28 à 35%), devant François Hollande (21 à 27%), Nicolas Sarkozy (15 à 22%) et Jean-Luc Mélenchon (11 à 18%).
"Pour autant, souligne-t-il, le premier parti des ouvriers reste l'abstentionnisme".
Jean-Philippe Huelin se penche sur les raisons économiques, sociales, syndicales et autres qui ont conduit au "désalignement" progressif des électeurs ouvriers vis-à-vis des partis de gauche, puis à un véritable "divorce".
"Que reste-t-il de présence ouvrière dans les partis censés les défendre? Bien peu. Même si le PS n'a jamais eu un recrutement fort chez les ouvriers, la culture ouvrière lui est de plus en plus étrangère".
Mais il dénonce aussi très sévèrement "l'égarement stratégique d'une certaine gauche" qui, après "trente ans de prolophobie", en reprochant aux ouvriers de ne plus avoir des valeurs de gauche, a estimé nécessaire de "construire une nouvelle coalition électorale" plus diversifiée. Jean-Philippe Huelin vise là Terra Nova, un autre centre d'analyses.
"Quelle place accorder à l'électorat populaire et surtout aux questions politiques qu'il soulève?", s'interroge en conclusion l'auteur.
"La gauche social-démocrate française dispose de deux stratégies diamétralement opposées", soit celle défendue par Terra Nova voyant le soutien à la gauche venir d'un "agrégat de strates sociales assez hétéroclites", ou bien la stratégie d'une "gauche populaire".
Celle-ci, souligne l'auteur, "refuse l'analyse facile d'une dérive droitière d'un électorat ouvrier juste bon à s'abstenir ou voter pour le FN, et entend contre cela porter la centralité de la question populaire dans le débat public".
mardi 29 janvier 2013
Brice Couturier distingue ma note sur France culture
Sur le site du think tank du PS, la Fondation Jean Jaurès, vous pouvez trouver une note très intéressante de Jean-Philippe Huelin, intitulée « Où en est le vote ouvrier ? ».
Huelin, qui a publié plusieurs essais, « Recherche le peuple désespérément » et « Voyage au bout de la droite », est de ceux qui, à gauche, ne se résignent pas à voir Marine Le Pen capter la majorité du vote ouvrier, avec près d’un tiers de leurs voix, en 2012. Il remarque une forte disparité entre l’Est de la France, où ce vote ouvrier pour le FN est très fort, et l’Ouest, où le phénomène est beaucoup moins marqué. Il observe que l’abstention est au moins aussi importante parmi les ouvriers que le vote FN.
C’est parce que c’est au sein du monde ouvrier que le discrédit envers la classe politique est le plus accentué. C’est tout particulièrement dans ce milieu que se fait entendre une demande de protection, « physique, économique, sociale et nationale » face à la mondialisation, qui grignote nos emplois industriels. Contrairement à ce qu’on croit souvent, le monde ouvrier n’est pas hostile au libéralisme culturel et sociétal. C’est pourquoi Jean-Philippe Huelin critique vertement la position récemment adoptée par Terra Nova qui prenait acte du divorce entre une classe ouvrière sur le déclin sur le plan numérique et la gauche, et proposait une stratégie électorale fondée sur une coalition entre jeunes diplômés et minorités ethniques et culturelles.
Huelin estime que la reconquête du vote ouvrier par la gauche, qui a commencé avec Ségolène Royal en 2007, passe par une stratégie de « gauche populaire », apportant des réponses à un besoin de sécurité, qui émane de toutes les catégories populaires.
vendredi 25 janvier 2013
Interview pour l'hebdo du PS du Finistère
jeudi 24 janvier 2013
Note sur le vote des ouvriers en Franche-Comté
Après un compte-rendu de ma note sur le vote ouvrier publié par la fondation Jean-Jaurès, vous pouvez lire sur le blog politique de France 3 Franche-Comté ma note, adaptation régionale de la première, donnant des pistes de réflexion sur ce vote dans la région la plus ouvrière de France, la Franche-Comté :
Les ouvriers et le vote en Franche-Comté
La Franche-Comté est la région de France où les ouvriers sont les plus nombreux en pourcentage. La question du vote des ouvriers est donc plus qu’ailleurs une préoccupation légitime pour les observateurs et les élus régionaux. Pour autant, nous manquons de sondages régionaux le jour du vote pour évaluer précisément, comme on peut le faire au niveau national, le sens du vote ouvrier. Je développerai donc ici quelques éléments adaptés à notre région de ma note publiée par la fondation Jean-Jaurès : « Où en est le vote ouvrier ? »
Lors de l’élection présidentielle de 2012, notre région s’est distinguée par rapport au vote de l’ensemble des Français en votant au premier tour moins pour François Hollande (-2 points) et plus pour Marine Le Pen (+ 3 points). Cette situation ne fait d’ailleurs que dupliquer l’élection de 2007 puisque Ségolène Royal faisait 2 points de moins que son score national et Jean-Marie Le Pen 4 points de plus. De la même façon, précédemment, en 2002, Jean-Marie Le Pen faisait 2 points de mieux dans notre région que son score national aux deux tours de scrutin. Cette réalité ancre notre région dans une dynamique droitière plus large couvrant l’ensemble du quart Nord-est de la France. Jérôme Fourquet, en particulier, a mis en lumière l’importance stratégique de cette grande région pour le résultat de l’élection présidentielle et on constate que les régions Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, le nord de la Bourgogne et donc la Franche-Comté ont voté majoritairement pour Nicolas Sarkozy au second tour.
Cette France du Nord-est est aussi celle qui, en plus du littoral méditerranéen, donne à Marine Le Pen ses meilleurs résultats, partout au-dessus de 21%. On observe d’ailleurs que le bon score du président sortant au second tour est largement dû à un meilleur report des voix obtenues par Marine Le Pen au premier tour. Alors que la moyenne nationale se situe, selon les instituts de sondages, à un électeur FN sur deux, il y en a plus en Franche-Comté ce qui conforte une évolution née au cours des années 2000 et qui inverse ce qui se passait auparavant, au cours des années 80 et au début des années 90, quand l’électeur « sociologiquement de gauche » votant pour Le Pen au premier tour revenait plus volontiers vers la gauche au second tour. Le vote Le Pen a donc aussi changé de caractéristiques : il s’agit de plus en plus d’un vote d’adhésion à une partie du programme frontiste et non d’un simple vote protestataire.
Cette France du Nord-est est enfin celle où les ouvriers sont surreprésentés. Avec l’Ouest intérieur, le Nord-est compte près de 20% de la population de plus de 15 ans qui est ouvrière. Si on regarde plus précisément dans notre région, la proportion est encore plus forte dans deux types d’espace : la bande frontalière et la grande périphérie des villes. En valeur absolue, les ouvriers sont bien sûr très nombreux dans l’Aire urbaine et à Besançon mais ils sont, dans les zones urbaines, sous-représentés. Or si la question des frontaliers arrive à trouver sa place dans le débat public (plutôt sous l’angle fiscal d’ailleurs), quand parle-t-on des navetteurs, ceux qui font plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour pour aller travailler ? Quelles sont les politiques publics qui visent à leur faciliter la vie ? A dire vrai, ils semblent ne pas exister ; inconsciemment, un ouvrier habite près de son usine comme il y a cinquante ans. Le navetteur périurbain est trop souvent le grand oublié.
En grossissant le trait, on observe ainsi trois types d’ouvriers qui ont chacun des comportements électoraux différents :
- L’ouvrier des villes ouvrières, celui qui habite à proximité des grands pôles de production de la région (Aire urbaine, Besançon), garde encore en héritage une propension à voter à gauche malgré un vote FN qui revient à son très haut niveau de 2002 mais sans l’atteindre totalement (surtout si l’on ajoute au score de Jean-Marie Le Pen celui de Bruno Mégret). Nicolas Sarkozy y réalise des scores plus faibles qu’en 2007 dans des proportions supérieures à son score régional, comme une sanction des promesses non-tenues au monde ouvrier.
- L’ouvrier frontalier est certainement le plus conservateur. Traditionnellement acquis à la droite, haut-Doubs et haut-Jura plébiscitent le président sortant dans des proportions parfois supérieures même à son score de 2007 (+ 2 points à Villers-le-Lac par exemple au premier tour, +3.5 points au second). Le vote FN est en repli par rapport à 2002 et reste bien en-dessous de la moyenne régionale.
- L’ouvrier périurbain ou rural habite entre 15 et 40 km environ des grandes agglomérations dans notre région. C’est un espace où les ouvriers sont surreprésentés et où le vote FN est le plus fort, souvent Marine Le Pen y arrive en tête du premier tour. On le voit très bien sur la carte du premier tour de la présidentielle 2012 où se dessine une couronne autour de l’Aire urbaine où partout le FN arrive en tête avec plus de 10 points de plus que le score régional de Marine Le Pen.
Incontestablement, il y a une forte adéquation entre présence ouvrière et vote Front national. La Franche-Comté voit se reproduire, mais à un niveau d’adhésion électorale supérieure, la même dynamique qu’à l’échelon national : Marine Le Pen est d’autant plus forte que l’on s’éloigne du centre des grandes agglomérations et c’est à peu près l’inverse pour le candidat socialiste qui est très fort là où il y a le moins d’ouvriers, au cœur des grandes villes. Autre élément à retenir, le report des voix entre le FN et la droite entre les deux tours semble se renforcer, en serait-il de même si le report devait se faire de la droite vers le FN ? C’est à craindre comme l’ont montré les résultats de candidats FN dans certains cantons en 2011. Le bloc droitier est donc particulièrement puissant dans notre région.
Tout laisse même à penser que le score de Nicolas Sarkozy aurait pu être plus fort avec une participation plus forte. Or cette participation en Franche-Comté est en repli, « lors des élections du printemps 2012, 48,1 % des électeurs de la région se sont rendus aux urnes à chaque tour de scrutin. C’est à peine mieux que la moyenne nationale, mais en net recul par rapport à 2007.[1] » Et l’on sait bien, quand on observe les résultats des élections intermédiaires, que c’est la gauche qui profite dans les urnes d’une moindre participation qui concerne surtout les couches populaires. La gauche sans le peuple est devenue la réalité.
Cette situation ne doit pas manquer d’inquiéter les élus des collectivités locales, presque toutes dirigés par des socialistes. Le Parti socialiste détient le conseil régional, les quatre conseils généraux et presque toutes les grandes villes de la région. Avec la défiance qui monte envers le président de la République et le gouvernement (je signale au passage que François Hollande n’a plus la confiance que de 28% des ouvriers, soit une perte de 35 points depuis son élection, et Jean-Marc Ayrault de 19% seulement), les échéances de 2014 et 2015 s’annoncent particulièrement difficiles pour la gauche et plus encore dans notre région.
Jean-Philippe Huelin
[1] Martine Poty, « Participation électorale 2012 en Franche-Comté », Info Web n°92, septembre 2012
[1] Martine Poty, « Participation électorale 2012 en Franche-Comté », Info Web n°92, septembre 2012
mercredi 16 janvier 2013
« La gauche a tourné le dos aux ouvriers ! »
Vous venez de publier, pour la fondation Jean-Jaurès, une note intitulée "où en est le vote ouvrier ?". Avec la désindustrialisation et, parallèlement, le développement des services, la classe ouvrière a diminué, mais elle a aussi changé. Qui sont les ouvriers aujourd'hui ?
Le monde ouvrier a beaucoup changé. Il est loin de l’image d’Epinal que l’on peut encore s’en faire, loin du film « Faubourg 36 », loin des ouvriers de la « forteresse Billancourt ». Les ouvriers sont aujourd’hui plus qualifiés et travaillent dans des entreprises de plus petite taille. Ils sont moins souvent métallos, sidérurgistes ou ouvriers agricoles, plus souvent manutentionnaires ou chauffeurs de poids lourds. Les collectifs de travail se sont érodés, la syndicalisation moins forte, l’ouvrier est devenu « opérateur », la chaîne est devenue la « ligne ». Le travail s’est individualisé comme les rémunérations. En réalité, si beaucoup le croit disparu, c’est parce que l’ouvrier a perdu en « visibilité sociale ».
Pourquoi cette perte de visibilité ?
Notons d’abord que le nombre d’ouvriers à certes un peu baissé depuis la fin des années 1970 (un peu plus d’un million d’ouvriers en moins) mais ils restent près de 6 millions et l’augmentation du nombre d’employés a largement compensé cette perte.
A leur perte de visibilité, il y a d’abord des raisons économiques, liés aux transformations du processus de production avec le déclin de la grande industrie tayloriste mais aussi une perte de statut dans une mondialisation libérale qui précarise la production (le développement des CDD et de l’intérim pèse surtout sur les couches populaires).
Il y a une raison essentielle, à cheval entre l’économique et le culturel, qui est l’éloignement entre lieux d’habitation et de production. Les ouvriers ne sont plus les « sentinelles de l’usine », ils ont leur voiture, ils habitent loin, parfois très loin de leur lieu de travail et cet éloignement vers des espaces où l’immobilier est moins cher n’est pas toujours voulu. Ils se sont « dilués » dans l’espace.
Il y a enfin des raisons politiques. La « gauche officielle » a tourné le dos aux ouvriers, depuis 1983 pour trouver une date symbolique. Le prolo est devenu un affreux jojo pour l’intello de gauche parisien, entre « Dupond Lajoie » et le bœuf de Cabu. Bref, il ne compte plus, il n’a plus les valeurs de la gauche officielle comme l’a théorisé « Terra nova ».
De quelle "gauche officielle" parlez-vous ? S'agit-il du Parti socialiste et rejoignez-vous l'économiste Bertrand Rothé lorsqu'il affirme que le PS a "tourné le dos à la classe ouvrière" ?
Je parle du Parti Socialiste mais aussi de la gauche intellectuelle sociale-démocrate qui a validé le mythe de la « classe moyenne » comme dépassement de la lutte des classes. On en arrive aujourd’hui à avoir 64% des Français gagnant moins de 500 euros par mois qui se classent parmi la « classe moyenne » et un ministre socialiste qui avoue n’avoir jamais cru à la lutte des classes… En ce sens je partage entièrement l’analyse de Bertrand Rothé.
A propos de lutte des classes, vous évoquez dans votre note une "après-conscientisation de classe". De quoi s'agit-il ?
C’est la mission historique que ce sont donnés les socialistes que de conscientiser les ouvriers. Par delà les grands événements du XXe siècle, la gauche française est parvenue à capter environ 70% du vote ouvrier à la fin des années 1970. Cet alignement du vote ouvrier sur la gauche est le fruit d’un patient travail collectif qui n’a pas résisté à l’exercice du pouvoir par les socialistes au cours de la décennie 80. Aujourd’hui, la conscience de classe a disparu, les ouvriers n’accorent quasiment plus de prime à la gauche aux élections.
Est-ce en cela qu'on peut dire, comme vous en émettez l'hypothèse, que les ouvriers se sont droitisés ? Commet cette droitisation se manifeste-t-elle ?
Le concept de « droitisation » est assez ambigu. Il faut d’abord dire que le vote ouvrier s’est déplacé de la gauche vers la droite (hors Front national). C’est un fait qui s’observe très facilement en regardant les résultats des élections depuis 1988 ; le déplacement est de plus de 15 points. Il y a en sus la montée en puissance du vote ouvrier pour le FN qui est un fait établi.
Pour autant, il y a aussi une notion idéologique au terme de « droitisation », les valeurs des ouvriers se rapprocheraient de celles des partis de droite. Cette allégation-là est beaucoup plus discutable, surtout pour les générations récentes d’ouvriers qui partagent assez largement avec leurs contemporains un certain libéralisme culturel. Sur le front des combats sociaux, les ouvriers restent en pointe ; ils ne sont pas devenus des adeptes du libre-échange ni de la dérégulation des marchés…
En réalité, les ouvriers sont demandeurs de protections (économiques, sociales, nationales, culturelles) et force et de reconnaître que les droites se sont mieux positionnées sur ce terrain que la gauche. La gauche ne proposent pas ici d’alternatives aux discours de droite, elle refuse le débat, elle a fait du libéralisme l’alpha et l’oméga de son programme comme de son action signant la victoire (provisoire) de la stratégie Terra Nova.
Justement : durant la campagne présidentielle de 2012, le candidat Mélenchon a tenu un discours très antilibéral sur le plan économique. Pourtant, son score chez les ouvriers n'est pas meilleur que celui de candidate communiste en 2007. Pourquoi ?
Parce que Mélenchon voit le peuple avec les yeux d’un homme des années 30, au mieux des années 60 ! Son discours social est certes très sympathique aux oreilles du professeur de collège qui n’a pas oublié qu’il est issu du monde ouvrier mais il ne passe pas si bien chez les ouvriers qui ne lui donnent presque pas de préférence (seul l’IFOP le place à 18% des ouvriers, les autres instituts le place au même niveau que dans le reste de la population). Laissons-lui tout de même le bonus d’avoir porter le fer avec le Front national avec un certain succès dans certains anciens bastions ouvriers où la gauche avait perdu toute boussole.
Néanmoins, et malgré tout ce qu’il peut dire, son score chez les ouvriers est décevant. Il est beaucoup moins bon que celui de Georges Marchais en 1981 qui talonnait François Mitterrand dans cette catégorie si symbolique pour la gauche. Il n’a pas réussi car il ne répond pas aux préoccupations des ouvriers d’aujourd’hui. Son positionnement sur l’Union européenne et l’euro est flou. Son « grand cœur » à l’égard de l’immigration inquiète. Enfin, il semble plus s’adresser aux classes moyennes du secteur public, plus protégées, qu’aux classes populaires. Son incapacité à prendre en compte l’insécurité culturelle ressentit par l’électorat populaire lui a été préjudiciable.
En somme, ni le PS ni Mélenchon ne parviennent, pour l'instant, à séduire l'électorat ouvrier. Quelles sont, selon vous, les conditions pour y réussir, notamment en vue des élections locales de 2014 ?
Si l’austérité permettait de réduire le chômage avant les élections locales de 2014, comme le Président de la République et le gouvernement le prédisent, il y aurait peut-être des résultats. Comme presque tout le monde, je n’y crois guère ; de même je ne pense pas que les grandes réformes sociétales favorisent un tant soit peu la confiance des ouvriers pour le gouvernement. Je rappellerais au passage que selon le dernier baromètre politique TNS-Sofres de décembre, le président de la République ne recueille que 28% de confiance chez les ouvriers soit 35 points de moins depuis son élection ; le premier ministre est à 19% ! Le chemin risque d’être long…
On parlera du Front national qui pourrait amplifier sa progression chez les ouvriers mais les élections locales ne sont pas les meilleures pour le FN. Je crains que ce soit l’abstention qui l’emporte alors que traditionnellement, les élections municipales sont, avec l’élection présidentielle, l’élection la plus populaire. Je remarque que les ouvriers étaient 30% à s’abstenir au premier tout de l’élection présidentielle de 2012 contre 20% pour l’ensemble de la population. La démocratie sans le peuple est une option qui devient de plus en plus acceptable pour nos élites politiques. Cette évolution présente un risque bien négligé pour notre démocratie.
lundi 14 janvier 2013
La gauche cherche ses ouvriers
samedi 12 janvier 2013
Note "Vote ouvrier" dans Ouest France
jeudi 10 janvier 2013
Note pour la fondation Jean-Jaurès
Vous pouvez lire ma note sur le vote ouvrier qui a été publiée sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.
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